Le retour de la Formule 1 après la trêve estivale se fait dans une atmosphère sobre sur le plan technique. Pour le Grand Prix des Pays-Bas, qui relance une saison encore ouverte avec dix manches au calendrier, seules trois équipes présentent des nouveautés sur leurs monoplaces : Red Bull, Alpine et Sauber. La majorité du plateau préfère se concentrer sur l’avenir, en particulier sur 2026.
Red Bull ajuste l’aileron avant
Parmi les écuries de pointe, seule Red Bull arrive à Zandvoort avec une évolution visible. L’équipe de Milton Keynes a modifié la géométrie de son aileron avant, en allongeant la corde des volets pour générer davantage d’appui aérodynamique via l’angle d’attaque. Un choix dicté par les caractéristiques particulières du tracé néerlandais.
En effet, le circuit de Zandvoort, situé dans les dunes au bord de la mer du Nord, se distingue par ses virages relevés et ses variations d’altitude constantes. Ces contraintes aérodynamiques spécifiques ont poussé les ingénieurs à revoir le profil de l’aileron afin d’optimiser l’équilibre de la RB21 sur une piste exigeante pour les réglages.
Alpine et Sauber se concentrent sur l’arrière
Les deux autres écuries à innover ont choisi d’intervenir sur l’aérodynamique arrière, un domaine souvent discret mais essentiel pour l’efficacité globale.
Chez Alpine, les conduits de frein arrière ont été retravaillés avec un nouveau profil d’ailettes. Ces éléments, peu visibles mais importants, influencent l’écoulement de l’air autour des roues arrière et contribuent à limiter les turbulences. L’effet attendu est une meilleure efficacité du diffuseur et une stabilité accrue du train arrière. L’équipe d’Enstone poursuit ainsi son approche méthodique, à la recherche de gains marginaux susceptibles de l’aider à progresser au classement.
Du côté de Sauber, le travail s’est porté sur la conception des aubes de conduits de frein arrière. Les ingénieurs suisses expliquent que ces ajustements modifient le champ d’écoulement autour du diffuseur et des pneumatiques, zone notoirement complexe en raison des perturbations générées par leur rotation. L’objectif est le même : maximiser l’efficacité aérodynamique dans une zone clé.
Entre présent et perspective
L’absence d’évolutions chez McLaren, Ferrari, Mercedes, Aston Martin, Haas, Racing Bulls et Williams confirme une tendance déjà perceptible ces dernières courses. La plupart des écuries privilégient désormais la préparation de la prochaine réglementation plutôt que des gains immédiats, conscientes que 2026 redistribuera complètement les équilibres.
En effet, la course au développement s’efface progressivement au profit d’une stratégie tournée vers l’avenir, ce qui pourrait faire de cette fin d’année une bataille davantage centrée sur la gestion des ressources existantes que sur l’introduction de pièces inédites.
Dans ce contexte, le Grand Prix des Pays-Bas servira de révélateur sur l’état de forme des équipes après la pause estivale, alors que chaque point compte pour les classements finaux.
Photo: Mécanicien de l’écurie Oracle Red Bull Racing dans les stands. Overtake Agency / Alexis Perrin.