Faits divers

Une altercation s’est produite vendredi 22 août à Oissel lorsque, dans un complexe municipal, une sportive voilée a refusé de retirer son foulard comme l’exige le règlement du club. Le président a déposé une main courante après que le frère de la jeune femme a proféré des menaces.

Publié le 28 août 2025 à 14h02

En Seine-Maritime, une femme voilée exclue d'un club de musculation, son frère menace de « tout cramer » © ROMAIN DOUCELIN/SIPA

En Seine-Maritime, une femme voilée exclue d’un club de musculation, son frère menace de « tout cramer » © ROMAIN DOUCELIN/SIPA

Vendredi dernier, une dispute a eu lieu à Oissel (Seine-Maritime) entre le président d’une association de musculation et une femme de 32 ans, rapporte Ici Normandie. La jeune femme s’était présentée au complexe sportif municipal Germinal avec son voile, alors que le règlement intérieur stipule que « le port de casquette, foulard, voile, bonnet ou autre signe distinctif est interdit ».

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Le président du club, Thierry Mathieu, lui a alors demandé de retirer son voile, ce qu’elle a refusé, entraînant son exclusion. Même après le remboursement de son adhésion, la sportive a rapidement partagé l’incident sur les réseaux sociaux, affirmant qu’elle ne s’attendait pas à « subir de la discrimination » à Oissel. « Cela fait partie de ma tenue au quotidien, donc je ne vois pas pourquoi j’enlèverais le voile, il fait partie de moi », s’est-elle insurgée, tout en accusant Thierry Mathieu de lui avoir posé une question « choquante ». « Il m’a demandé si c’est mon mari qui m’imposait de porter le voile. J’étais choquée, j’ai répondu que non, je m’habille comme je veux », a-t-elle ajouté.

Une main courante « pour outrage, injure ou menace »

« C’est une erreur de ma part. Je n’aurais pas dû. Je voulais qu’on entame une discussion », admet-il. Mais il dénonce aussi le comportement du frère de la jeune femme après l’exclusion de sa sœur. « Il a foutu le scandale là-dedans. Il nous a accusés d’être racistes, en nous disant qu’il allait tout cramer là-dedans, que l’on ne pourra plus s’entraîner », s’indigne Thierry Mathieu. Le président a donc déposé une main courante au commissariat de Saint-Étienne-du-Rouvray pour « outrage, injure ou menace ».

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Au sein de cette association sportive, l’interdiction du port du foulard est conforme à la loi, l’organisation étant régie par la loi de 1901 et affiliée à la Fédération française de force athlétique. Selon le Comité de réflexion et d’action laïque de Seine-Maritime, chaque association reste libre de fixer son règlement intérieur, précisent nos confrères. Par ailleurs, une proposition de loi portée par Les Républicains, adoptée en février au Sénat et visant à prohiber les signes religieux lors des compétitions sportives et dans les piscines municipales, doit encore être débattue à l’Assemblée nationale.