Rarement la disparition d’un parking aura fait autant causer à Rennes. Mais le parking Vilaine n’est pas un parking comme les autres. Parce qu’il est planté en plein milieu du centre-ville. Parce qu’il est là depuis plus de soixante ans. Mais surtout parce qu’il est au cœur d’un vif débat. « Je ne sais pas ce qu’il faut faire avec le parking Vilaine », avait reconnu Nathalie Appéré, quelques mois avant d’acter la démolition de cette aire de stationnement construite au-dessus du fleuve traversant Rennes.
Une décision applaudie par une partie des habitants et conspuée par d’autres. Si certains se réjouissent de voir la Vilaine refaire surface en plein cœur de ville, d’autres pestent. Les adeptes de la voiture en ville et certains commerçants s’inquiètent notamment de la disparition de ces 250 places, malgré les chiffres rassurants fournis par la ville sur l’offre de stationnement dans le secteur.
Dans les rangs des opposants, on critique aussi le coût de ce projet d’urbanisme complexe. Si la démolition du parking ne coûtera « que » deux millions, c’est une enveloppe bien supérieure qui sera consacrée à l’entière refonte de la place de la République et des quais. Un peu moins de 30 millions d’euros devraient être nécessaires pour requalifier les lieux. Un espace à mi-chemin entre une place et une grande artère séparant le nord et le sud de la capitale bretonne qui demandait clairement à être repensé. Objectif : « retrouver l’amour » avec la Vilaine. Rien que ça.
Une passerelle sera construite au-dessus de la Vilaine une fois le parking détruit, afin de faciliter les traversées. - Phytolab
Pour mener à bien les travaux de démolition à compter du mois d’octobre, la ville de Rennes a annoncé la fermeture définitive du parking dans la soirée du dimanche 31 août. Il faudra ensuite sept mois pour découper les 6.000 tonnes de béton et de ferraille. L’ensemble des gravats seront évacués par des barges jusqu’à un site aménagé par l’entreprise Charier à quatre kilomètres du centre. Une page de l’histoire de Rennes va se refermer. Que l’on soit pour ou contre sa démolition, on a hâte de voir ce que cela va donner.