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Sympathique article d’un magazine lié à mon « importateur » américain, dégotté grâce à l’ami Stéphane Berland dont le label Ayler Records recèle tant de merveilles (mais qui s’arrête de produire des nouveautés après son numéro 181) ! Le texte n’est pas long, il est reproduit ici en petit, mais je vais tout de même tenter de le traduire.
À part cela, les marchandises entrant aux États-Unis seront soumises à des droits de douane à compter du 29 août. La Poste suspend donc tout envoi, à l’exception des « cadeaux entre particuliers de moins de 100 dollars », non concernés par la taxe. On peut toujours biaiser en spécifiant « échantillons commerciaux » au prix de fabrication, ce que l’on faisait déjà, mais ce sera tout de même épineux de traverser l’Atlantique sans risquer de rejoindre Nungesser et Coli. Car même les envois individuels deviennent problématiques, les consommateurs ne comprenant pas la hausse des taxes que Trump leur impose, et les douanes américaines bloquant à qui mieux-mieux. Souffle Continu, comme plusieurs labels, a supprimé son compte Discogs pour les États-Unis. Cette perte s’équilibrerait par une hausse des ventes en Europe, en particulier en Allemagne et, accessoirement, dans les pays de l’est. D’un autre côté le site Bandcamp va s’affranchir de PayPal pour éviter leur marge, en payant les producteurs directement.
Donc :
Musicien et concepteur sonore français, Jean-Jacques Birgé a passé près d’un demi-siècle à voyager d’un média à l’autre. Pionnier de l’utilisation des échantillonneurs et des ordinateurs, il a créé des musiques pour le cinéma, la danse et le théâtre, ainsi que pour des ensembles électroacoustiques. Comme son titre l’indique, Pique-nique Au Labo 4 présente des compositions instantanées en studio ou en live, interprétées par neuf trios différents dans des genres variés, avec la participation de Birgé aux claviers, synthétiseurs, guimbarde, harmonicas, échantillonneur et instruments à anche.
Réalisé en collaboration avec une pléiade d’improvisateurs français de premier plan, un bon nombre des morceaux sont suffisamment sophistiqués pour être classés dans le domaine du jazz, tandis que d’autres s’apparentent davantage à des exercices multimédias ou à des bandes sonores d’accompagnement. « Is It Finished? », par exemple, met en avant les flottements haletants puis grinçants du saxophone alto de Léa Ciechelski et les souffles de l’harmonica et breaks du violon de Fabiana Striffler, avant de se combiner avec le groove du clavier de Birgé pour une narration « straight ahead ». Les sons métalliques de la guimbarde et les accords de clavier de Birgé accompagnent les trilles de la clarinette d’Hélène Duret et les rebonds du piano de Roberto Negro sur « D’une fourchette » avant que n’explose la fourchette vers une mélodie résonnante de la Belle Époque.
D’autres morceaux sont plus clairement programmés. Les glissandi de la harpe électrique de Rafaëlle Rinaudo, associés aux trilles, aux slaps et aux vocalises de Duret sur « L’offrande », sont entrecoupés d’échantillons radio projetant des sons orchestraux, vocaux et parasites, ainsi que des glissés au clavier et des accords de piano par Birgé. Pendant ce temps, la pseudo-marche créée par les grognements de tuba de Fanny Meteier et les percussions et cris d’oiseaux de Maëlle Desbrosses est constamment interrompue par des échantillons de voix masculines et féminines murmurant en anglais et français, juste en dessous du seuil d’audibilité, avant d’atteindre un finale frissonnant.
Chaque morceau proposé lors de ce pique-nique français révèle une nouvelle surprise sonore, ce qui rend ce disque si captivant.
Ken Waxman