La mairie de Perpignan a inauguré ce vendredi l’exposition « Israël : les massacres du 7 octobre 2023 » dans le hall de l’hôtel de ville, place de La Loge. Au même moment, un groupe d’opposants s’est rassemblé pour protester, drapeaux palestiniens à la main.

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« Non au génocide à Gaza ! », scandent la vingtaine de manifestants, éloignés de l’entrée de l’hôtel de ville de Perpignan par la police municipale ce vendredi en fin d’après-midi. À la veille de l’ouverture de la 37e édition de Visa pour l’Image, festival international de photojournalisme, le maire RN Louis Aliot inaugure une exposition de photos intitulée « Israël : les massacres du 7 octobre 2023 », coorganisée avec le Collectif du 7 octobre, et qui ne fait pas partie de la programmation de Visa. « À l’heure où certains remettent en cause ces massacres et prennent systématiquement nos compatriotes juifs comme boucs émissaires en France, […] cette exposition permettra de remettre les choses à leur place », avait écrit la Ville dans un communiqué quelques jours plus tôt.

L’annonce de ce vernissage avait alors provoqué des réactions, notamment de l’association En Commun 66. « Si nous avons toujours dénoncé les actes barbares et terroristes du 7 octobre 2023, nous ne pouvons tolérer que le maire de Perpignan ne prenne parti que pour cette face tragique du conflit, presque centenaire, en invisibilisant les souffrances du peuple Palestinien. »

Certaines photos rendent hommage aux victimes du 7 octobre 2023. Certaines photos rendent hommage aux victimes du 7 octobre 2023. © Radio France – Suzanne Shojaei »Je pense qu’il y a des drames des deux côtés »

« Bien sûr que le 7 octobre a été horrible, explique une manifestante, face à l’hôtel de ville. Mais pensons aux Palestiniens, combien de 7 octobre ont-ils vécu ? » Son voisin renchérit, drapeau palestinien à la main. « Profiter de l’image de Visa pour l’exposition de Monsieur Aliot, c’est inadmissible et grave. »

Les cris du groupe se font entendre jusque dans l’hôtel de ville, où sont rassemblées des dizaines de personnes pour le vernissage. Certains s’agacent. « Je ne comprends pas comment on peut prendre parti d’une telle façon, commente Dominique Chemla, maire adjoint honoraire. Je pense qu’il y a des drames des deux côtés. Mais ce qui s’est passé le 7 octobre 2023, ce n’était plus arrivé depuis la Seconde Guerre mondiale et ce n’est pas acceptable. »

Une vingtaine de manifestants pro-Palestine, face à l'hôtel de ville de Perpignan. Une vingtaine de manifestants pro-Palestine, face à l’hôtel de ville de Perpignan. © Radio France – Suzanne Shojaei »Ai-je encore ma place en France, en tant que juif ? »

Les photos, en noir et blanc, marquent les esprits : des corps au bord des routes, des restes humains dans des sacs plastiques, des impacts de balles… Chmouel Bensoussan, rabbin à Perpignan, est très ému. « C’est choquant, hallucinant. On est très touchés que la mairie de Perpignan organise cette exposition. Quant à la colère à l’extérieur, on a l’habitude. On sait qu’on n’est pas aimés. On fait avec. »

Pour d’autres, le quotidien est devenu difficile depuis le 7 octobre. « Aujourd’hui, je me pose la question de savoir si j’ai encore ma place en France, alors que je suis français et juif », lâche le président du B’nai B’rith de Perpignan, organisme humanitaire juif. La montée de l’antisémitisme rappelle les années 1930. Aujourd’hui, des juifs peuvent se faire lyncher s’ils portent une kippa. Des enfants se font rejeter parce que juifs. »

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