On n’en a jamais terminé avec les Beatles, qui font encore l’objet en cette rentrée d’une avalanche de sorties. Revue de détails sur ce qui attend les amateurs ces prochaines semaines.
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France Télévisions – Rédaction Culture
Publié le 30/08/2025 06:00
Temps de lecture : 8min
Paul McCartney, Ringo Starr, George Harrison et John Lennon des Beatles font un break sur le tournage du film « Help! » en Grande-Bretagne, le 25 août 1965. (MICHAEL OCHS ARCHIVES / MICHAEL OCHS ARCHIVES / GETTY IMAGES)
Les Beatles sont décidément une source inépuisable d’inspiration. Pas une rentrée ne se passe sans ses sorties diverses et variées autour des Fab Four. Il faut croire que plus qu’aucun autre, ce groupe emblématique d’une époque continue de résonner avec intensité au présent. Pas moins de deux nouveaux livres et une édition augmentée s’apprêtent à paraître, deux films sont également au menu des sorties ces prochaines semaines, ainsi qu’un documentaire sur Disney+, sans compter la publication de deux copieux coffrets.
Alors que Sam Mendès prépare quatre biopics distincts sur chacun des Beatles, attendus autour de 2028, le groupe continue d’inspirer les réalisateurs. Manqueraient-ils d’imagination ? Pas le moins du monde si l’on s’en tient aux deux films qui sortiront d’ici à la mi-octobre autour des Fab Four. Ces deux documentaires sont même des cas d’école sur la façon créative d’exploiter des documents d’archives.
Un documentaire rêveur sur les Beatles à New York en 1965
Le 24 septembre sort un film ovni, Things We Said Today (le titre d’une chanson des Beatles) du Roumain Andrei Ujica. Il s’agit d’une chronique parfois poétique des trois jours durant lesquels les Beatles séjournèrent à New York du 13 au 15 août 1965, pour leur fameux concert à guichet fermé au Shea Stadium devant 55 000 personnes, en pleine Beatlemania (ce n’était cependant pas leur premier concert à New York).
Basé sur des images d’archives en noir et blanc dans la première partie, puis en couleurs, le film s’éloigne peu à peu des Beatles et élargit le champ pour raconter la jeunesse américaine et les soubresauts de l’époque. Avec, pour coudre toutes ces images ensemble, deux personnages de fiction dessinés en surimpression, un garçon et une fille, narrateurs romantiques qui, comme Delphine et Maxence dans Les Demoiselles de Rochefort, sont faits l’un pour l’autre, mais se croisent sans jamais se trouver. Une curiosité à réserver aux fans hardcore.
Un documentaire passionnant sur John et Yoko
Il faudra faire vite pour aller voir One to One: John & Yoko, le copieux documentaire de Kevin McDonald (Le Dernier Roi d’Écosse), qui ne sera en salles que deux jours, les 11 et 12 octobre. Mais ce film vaut le détour. Il montre John Lennon et Yoko Ono à leur sommet créatif et combatif, de la fin 1971 à 1973, au moment où, après avoir quitté Londres, ils occupent un petit deux pièces de Greenwich village à New York. Dans un montage habile d’images et d’enregistrements audio rarissimes, ce film éclaire les enjeux politiques de l’époque – Nixon et la guerre du Vietnam en toile de fond – et l’embrasement de la jeunesse militante.
Autour de John et Yoko, deux artistes fusionnels éminemment sincères dans leurs engagements, placés sur écoute et déclarés indésirables par le pouvoir étasunien, on se familiarise avec leur entourage d’alors, Allen Ginsberg et les activistes Jerry Rubin et John Sinclair, avec lesquels ils prendront finalement leurs distances. Le film est rythmé par des images restaurées des deux concerts de charité One To One qu’ils donnèrent au Madison Square Garden le même jour, le 30 août 1972, en faveur d’un centre pour enfants déficients, dont le dénuement et l’abandon, découverts dans un reportage, les avaient bouleversés. Défilent notamment Instant Karma!, Imagine, Give Peace a Chance et une version déchirante de Mother. Un must.
Une biographie de George Harrison
Longtemps dans l’ombre de l’encombrant duo Lennon-McCartney, George Harrison ne comptait pas pour du beurre dans les Beatles. Guitariste au jeu varié, artiste visionnaire – c’est lui qui introduit le sitar dans les compositions du groupe, puis le synthétiseur sur Abbey Road –, passionné de spiritualité, il a apporté sa pierre à l’édifice avec des bijoux comme While My Guitar Gently Weeps ou Here Comes the Sun, puis en solo avec My Sweet Lord, son morceau le plus connu. Dominique Grandfils retrace son parcours dans George Harrison, l’âme tranquille des Beatles, attendu le 23 septembre aux éditions Éric Bonnier.
La couverture de « George Harrison, l’âme tranquille des Beatles » de Dominique Grandfils. (EDITIONS ERIC BONNIER)
Un livre sur la vie et l’œuvre de John Lennon
Le 9 octobre, le jour même où John Lennon aurait fêté ses 85 ans, les éditions du Layeur publient John Lennon, un beau livre illustré dans lequel l’auteur Paul (un Français, pas McCartney), déjà auteur d’un ouvrage complet sur The Cure l’an passé, décortique la carrière solo de l’ex-Beatles. Ses chansons, ses albums, ses concerts et ses expérimentations avant-gardistes, qui faisaient écho à ses différents engagements et à sa vie privée, sont minutieusement analysés, tout en mettant la parole de l’artiste en avant.
« John Lennon » par l’auteur français Paul. 230×280 mm, 256 pages. (EDITIONS DU LAYEUR)
Réédition augmentée d’une somme sur les Beatles
Le journaliste Stan Cuesta propose dès le 11 septembre chez le même éditeur une édition augmentée de sa biographie et discographie de référence des Fab Four dans la collection Cover. Car comme il le dit lui-même : « On n’en a jamais fini avec les Beatles ! ». Il faut sans arrêt mettre à jour les sorties, du documentaire The Beatles: Get Back, à la dernière chanson des Beatles bouclée avec l’aide de l’IA Now and Then, sans compter les nouveaux albums de Paul McCartney et Ringo Starr, fringants octogénaires toujours en activité.
« The Beatles », édition augmentée et enrichie de l’ouvrage de référence de Stan Cuesta sur les Fab Four. (EDITIONS DU LAYEUR)
Peter Jackson ajoute sa pierre au documentaire « The Beatles Anthology »
Côté documentaire et musique, Disney+ continue d’exploiter le filon Beatles avec succès. Après le formidable documentaire The Beatles: Get Back de Peter Jackson en 2021 et Beatles 64 de David Tedeschi produit par Martin Scorsese diffusé l’hiver dernier, la firme aux grandes oreilles remet le couvert.
Peter Jackson ajoute un 9e épisode à la série documentaire « The Beatles Anthology ». (DISNEY+)
Le réalisateur australien Peter Jackson sera aux manettes du neuvième épisode de la série documentaire télévisée The Beatles Anthology, dont les huit premiers avaient été diffusés en 1995. Dans le nouveau volet, promis pour le 26 novembre, on verra notamment la réunion de Paul, George et Ringo avec leur producteur George Martin lors de la création de la série dans les années 1990, se souvenant de leur vie de Beatles.
Un coffret « Anthology » des Beatles enrichi
Dans la foulée sortira le 21 novembre un coffret Deluxe Beatles Anthology. Il s’agit de 8 CD réunissant les trois volumes précédents remasterisés par Giles Martin (fils du producteur historique des Fab Four George Martin), enrichis d’un 4e volume inédit de 36 titres composés de démos rares, de morceaux live et de chutes de studio. Le précédent coffret contenait déjà deux chansons inédites, Free as a Bird et Real Love, et ce quatrième volume comportera évidemment le dernier inédit en date des Beatles, ce Now and Then créé avec l’aide de l’IA.
Un coffret de raretés de John & Yoko
Le 30 août 1972, John Lennon, Yoko Ono et le Plastic Ono Band donnaient un double concert de charité (un l’après-midi, un le soir) au Madison Square Garden de New York. Les deux concerts permirent de récolter 1,5 million de dollars pour la Willowbrook State School, un centre en perdition de Staten Island (New York) pour enfants handicapés, dont on voit des images glaçantes dans le documentaire One to One: John & Yoko de Kevin McDonald.
Le 9 octobre sortira chez Capitol un monumental coffret de 9 CD et 3 Blue Ray baptisé Power to the People, contenant des archives du couple du début des années 1970, et documentant surtout en intégralité les deux concerts précités. La prestation est urgente, d’une simplicité brute de décoffrage, et on y sent John Lennon sincère. Le coffret contient notamment des versions habitées d’Instant Karma! et de Come Together, une version déchirante de Mother, un hommage au militant John Sinclair, et Attica State, une complainte autour des émeutes meurtrières survenues en septembre 1971 dans cette prison américaine. Un beau document dont la restauration respectueuse a été réalisée sous la supervision de Sean Ono Lennon.