Près de trois ans après l’arrivée fracassante de ChatGPT, les premiers effets de l’intelligence artificielle générative sur l’emploi commencent à se faire sentir. Et ils ne sont pas rassurants : d’après une étude signée par trois chercheurs de l’Université de Stanford, publiée le 26 août, les jeunes travailleurs en début de carrière sont les premières victimes de la technologie sur le marché de l’emploi. Ceux qui évoluent dans les métiers les plus exposés à l’IA ont même vu leur emploi décliner de 13% aux Etats-Unis.
Baptisée « Canaries in the Coal Mine ? Six Facts about the Recent Employment Effects of Artificial Intelligence » [Des canaris dans une mine de charbon ? Six faits sur les effets récents de l’intelligence artificielle sur l’emploi, Ndlr], l’étude s’appuie sur les bulletins de salaire mensuels du logiciel ADP, le plus grand prestataire de logiciels de paie aux Etats-Unis. Soit entre 3,5 et 5 millions de travailleurs, dans des dizaines de milliers d’entreprises, et ce de janvier 2021 à juillet 2025. « C’est la première étude de grande ampleur, et l’une des plus convaincantes, sur les effets de l’IA sur l’emploi. La finesse et la représentativité des données utilisées sont inédites », souligne, auprès de La Tribune, Axelle Arquié, économiste au CEPII et cofondatrice de l’Observatoire des Emplois Menacés (OEM).