Cette opération a été démentie par le Kremlin, qui évoque «des informations très probablement fausses». De son côté, le ministère allemand de la Défense se dit conscient de la menace.
Selon le média allemand WirtschaftsWoche et le quotidien américain New York Times, des drones de surveillance ont récemment survolé des routes d’Allemagne de l’Est, par lesquelles transite du matériel acheminé par les alliés de l’Ukraine.
L’objectif des Russes serait de recueillir des informations en prévision d’actes de sabotages ou tout simplement d’aider ses troupes en Ukraine à anticiper la menace ennemie, d’après ces enquêtes.
«Jeu du chat et de la souris»
Après la publication de ces révélations ce jeudi 28 août, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius s’est dit «pleinement conscient du défi». «Le fait que des drones survolent également des ports et des installations ferroviaires ne devrait surprendre personne», a-t-il affirmé, ajoutant avec dépit : «Nous ne pouvons pas y faire grand-chose.» Selon Boris Pistorius, «un jeu du chat et de la souris» d’ordre technique et technologique s’est engagé entre les développeurs de drones et les États ciblés.
Selon les informations de WirtschaftsWoche, certains des drones ont été fabriqués en Iran. Des membres des services de renseignements allemands affirment également que certains seraient partis de navires présents dans la mer Baltique. De leur côté, les autorités américaines, contactées par le New York Times, ont également confirmé être informées de l’existence de ses vols. Toutefois, elles n’en ont pas précisément déterminé l’origine.
«C’est difficile à imaginer»
Interrogé par des journalistes sur le sujet ce jeudi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié ces informations de «très probablement fausses». «C’est difficile à imaginer. Si c’était le cas, les Allemands le verraient clairement et il est peu probable qu’ils resteraient silencieux», a-t-il affirmé, évoquant un «un énième faux article de presse».
En ce premier semestre 2025, les opérations de sabotage russes en Europe ont toutefois diminué, comme l’affirme Seth Jones au New York Times, vice-président du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS). Selon un témoignage transmis au Sénat du général Alexus G. Grynkewich, à la tête du commandement américain en Europe, «la surveillance accrue» des autorités européennes a contribué à réduire la menace. La riche activité diplomatique de ces derniers mois, visant à négocier la fin des combats en Ukraine, pourrait aussi expliquer cette baisse.