LÉA SALAMÉ, OBJECTIF 20 H – Coup d’accélérateur en 2014, la journaliste venue d’i-Télé débarque dans la matinale de France Inter pour l’interview politique. Le samedi soir, elle passe au crible les invités d’« On n’est pas couché » sur France 2.
2014 marque un tournant. Voilà Léa Salamé à deux des postes les plus enviés de l’époque : au sein de la matinale de France Inter, première matinale radio de France et dans la joyeuse bande d’ « On n’est pas couché », le samedi soir sur France 2, talk-show le plus regardé de l’Hexagone. Un grand écart et une expérience auprès de deux maîtres du genre, Laurent Ruquier et Patrick Cohen.
Sur France Inter, la journaliste commence par reprendre l’interview politique, à 7h50. La Franco libanaise avait deux rêves dans sa vie : travailler au « Monde » et à France Inter. Là voilà un pied dans la matinale qu’elle écoute depuis toujours.
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Léa Salamé et Patrick Cohen à Radio France en août 2015 pour la rentrée.
© Wyters Alban/ABACA
Après le départ de Patrick Cohen en direction d’Europe 1, elle en prend même les commandes en 2017 avec son complice Nicolas Demorand. Fin août 2018, Nicolas Hulot, l’une des prises de guerre du premier quinquennat Macron, créé la surprise à son micro et dynamite la rentrée en annonçant sa démission en direct, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire. Dans l’euphorie du scoop, lors d’un débrief à chaud avec Nicolas Demorand, elle qualifie l’instant de « moment de grâce », « sans doute le moment de radio le plus fort qu’(elle) a vécu ». Après cette séance d’auto-congratulations, critiques et moqueries fusent. Quelques mois plus tard, elle concédera que c’était « une connerie ». Après plus de dix ans, elle a quitté la « Maison ronde » en juillet dernier. Lors d’émouvants adieux, Léa Salamé a redit son affection pour Nicolas Demorand – qui est désormais seul à la matinale — et a salué les auditeurs, France Inter et l’équipe de la matinale, « la plus belle expérience professionnelle de toute (ma) vie ».
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Autre ton, autre ambiance le samedi soir. La voilà « snipeuse » de Laurent Ruquier pour deux saisons, aux côtés d’Aymeric Caron d’abord, puis en duo avec Yann Moix. Elle revendique une interview sans complaisance, mais sans agressivité non plus. Laurent Ruquier lui apprend à s’endurcir. Le style Salamé, elle le définit ainsi dans les colonnes du Parisien en 2015 : « Sobre, moderne peut-être, sans concession. Avec une rondeur orientale et une dose d’autodérision : j’aime me moquer de moi-même ».
Coup de foudre sur le plateau d’« On n’est pas couché »
Le côté culturel de l’émission lui fait plus peur que le côté politique. Elle assume une différence de traitement entre les artistes et les politiques. « Juger un film, un livre, un disque est un exercice nouveau pour moi. Je me suis posé la question de ma légitimité, explique-t-elle dans Paris Match la même année. Qui suis-je pour dire à un réalisateur que son film est une merde ? Et puis, au fil des émissions, j’ai affiné mon propos. Une interview douce et mielleuse d’un politique ou d’un penseur n’a aucun intérêt. Avec un artiste, c’est plus compliqué, il met ses tripes dans ce qu’il présente. Mais je me durcis de plus en plus ! »
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Cette même année 2015, Cupidon entre en jeu. Au lendemain des attentats du 13 novembre, elle rencontre sur le plateau d’« On n’est pas couché », l’essayiste Raphaël Glucksmann. Un petit Gabriel voit le jour en 2017. Un deuxième garçon pour le philosophe, déjà père d’Alexandre né en 2011 d’une précédente union.
Pour éviter tout conflit d’intérêts, Léa Salamé s’est retirée de la matinale de France Inter lorsque son compagnon a candidaté aux élections européennes de 2019. S’il se présente à la présidentielle de 2027, elle assure qu’elle reprendra la même position et se mettra en « retrait » du 20 Heures de France 2. « Quand je l’ai rencontré, il n’était pas un homme politique mais un intellectuel, confiait la future reine du 20 Heures à Paris Match cet été. Il a voulu se lancer en politique car l’Europe est le combat de sa vie. Il me l’a annoncé et je lui ai répondu : “Oh ! Non ! Tu ne vas pas nous emmerder !” On mène tous les deux nos carrières et on arrive à se mettre en retrait à tour de rôle. On a décidé de jouer la transparence et le cloisonnement. On veut le bien l’un de l’autre. Dans mes histoires précédentes, j’ai parfois connu des épisodes difficiles, à cause de problèmes de rivalité. Raphaël est un homme qui sait se réjouir du succès d’une femme. »