Le gang des Amazones n’est pas une légende mais un fait divers bien réel des années 90. Qu’est-ce qui vous a séduites dans cette histoire, au point d’en faire un film aujourd’hui ?

Mélissa Drigeard. Un jour, j’ai écouté l’émission Affaires sensibles qui traitait de cette affaire. Une histoire qui, à ce moment-là, m’était inconnue mais m’a fascinée. J’ai tout de suite contacté Hélène Trinidad [l’une des Amazones, NDLR] sur Facebook. Et dans la foulée, j’ai stoppé mes vacances et suis allée dans la Sorgue les rencontrer, pour les convaincre de raconter leur histoire.

Ces heures passées avec le vrai gang des Amazones ont servi à construire le synopsis. Ont-elles aussi influencé le tournage ?

Izïa Higelin. On [les actrices] a rencontré trois des cinq protagonistes au tribunal d’Avignon, pour les scènes de procès. Celui où elles ont été jugées. C’était la première fois qu’elles revenaient sur les lieux. Les scènes ont duré trois jours, avec elles dans le public. C’était incroyable et très intense. À la fin du premier jour, on s’est toutes tombées dans les bras, en pleurant.

Izïa, dans le film, vous interprétez Hélène, une mère prête à tout pour ses enfants. Comment êtes-vous parvenue à vous approprier ce rôle ?

Izïa Higelin. Le fait d’être mère moi-même m’a beaucoup rapprochée de son personnage, on se ressemble beaucoup. Je l’ai senti tout de suite !

Mélissa Drigeard. Elles ont aussi ce point commun d’être très solaires. L’une comme l’autre, on a envie de se blottir dans leur bras, c’est très généreux.

À l’écran, on ressent une vraie sororité malgré tous les rebondissements que traverse le groupe. Comment avez-vous construit cette cohésion féminine sur le plateau ?

Izïa Higelin. On devait être à la hauteur de l’histoire, humainement et professionnellement. On est toutes des femmes libres, puissantes et chargées émotionnellement. L’intensité de ce lien s’est créée instinctivement.