Pour ses premiers jours de campagne, Eric Ciotti s’est employé à se départir d’une image critique, en formulant avant tout autre candidat une vingtaine de propositions concrètes, et en promettant d’éviter « le match de boxe » avec ses concurrents.

Ses proches avaient promis « une première démonstration de force ». Ainsi, mercredi 27 août, c’est une nuée de casquettes ambrées qui s’agglutine devant le QG, au Port Lympia. Au lendemain de son annonce sur TF1, Eric Ciotti y voit son « armée pour prendre la mairie… mais une armée pacifique pour mener une campagne de la bienveillance ».

C’est bel et bien le changement de braquet opéré par le député depuis mardi et sa déclaration de candidature : l’idée est de sortir d’une posture de « procureur un peu grognon » pour défendre un message plus positif. Une bonne part des militants ont enfilé un tee-shirt bleu électrique barré d’un slogan malin : « Le meilleur est à venir ». Ce top départ ne tient donc rien du bricolage ou de l’impro : l’opération, efficace, montre le professionnalisme d’une équipe nouvellement constituée.

« Nous serons des bâtisseurs »

Le discours est concis, sans fiches. Et lancé entouré de ses soutiens de l’UDR (l’eurodéputé Laurent Castillo, le député Bernard Chaix,…) du RN (le responsable Benoît Kandel, bien des jeunes du RNJ) mais aussi du Conseil départemental (Gaëlle Frontoni, Jean-Pierre Lafitte, Bernard Asso, Valérie Sergi).

« Nice a besoin de changement, de rupture, d’espérance » entonne Ciotti devant la petite foule. Autour de lui, des volontaires post-ados comme seniors. Certains ont bien des campagnes au compteur, tandis que plusieurs ne s’étaient jamais engagés pour un politique.

Les anciens nous parlent de « mettre de l’ordre dans les comptes, revenir à la simplicité, à la proximité ». Les 18-20 ans d’une « sécurité dégradée, de quartiers mal fréquentés, de bandes menaçantes ».

L’ancien proche du sortant Christian Estrosi continue. « Nous porterons l’espoir du redressement des comptes, la situation financière de la ville étant quasi-dramatique. Plus largement, nous ne serons pas des destructeurs, nous serons des bâtisseurs », glisse-t-il, n’ayant jamais supporté que le Théâtre de Bayard et le Palais Acropolis soient passés sous les bulldozers pour y étendre la coulée verte du centre-ville.

Plutôt bon accueil dans les rues

Et de dérouler, entre mesures symboliques – « je me débarrasserai dès le premier jour de l’affreux lion installé sur la Place Garibaldi » – et bien plus impactantes – « la taxe foncière sera baissée de 25%, les effectifs de la police municipale sur le terrain seront doublés ». 17 idées concrètes étaient égrenées sur son site web dès son entrée dans le jeu, alors que le sortant assure ne pas encore faire campagne et que la gauche n’a toujours pas de candidat.

Louant « la redoutable efficacité du maire de Cannes, David Lisnard », le président de l’UDR promet de passer « à deux heures le stationnement gratuit », mais aussi de s’en prendre à « la prolifération de commerces communautaires dans nos quartiers ».

En terrain conquis au Port, à Garibaldi et dans la vieille-ville, les équipes de militants sont bien accueillies, rares sont les badauds qui refusent de repartir avec la « Lettre aux Niçois ».

Tout juste un passant souffle « pas d’extrême droite pour notre ville ! » « On ne dit rien et on sourit ! » est-il intimé en réponse aux jeunes bénévoles.

Désormais reconnaissable de loin, le cortège jaune et bleu s’active. Terminus de cette matinée de tractage ? L’Hôtel de Ville, évidemment. Vendredi, ce sont carrément deux clips de campagne qui étaient diffusés sur les réseaux sociaux. Dimanche, l’équipe attend « 4000 personnes » à Levens pour le traditionnel meeting champêtre d’Eric Ciotti.