Elle pèse 25 % du marché français des vins et champagnes (part de marché en valeur). Elle emploie 611 salariés sur sept sites répartis dans toute la France (hors intérimaires), dont 120 à son siège de Bordeaux et 130 dans son site de production et logistique de Beychac-et-Caillau. Et elle commercialise 250 millions de cols (ou bouteilles) chaque année. Maison Johanès Boubée, la « cave » de Carrefour, dont elle est une filiale à 100 %, couvre toute la chaîne de valeur des métiers du vin.
La filiale de Carrefour commercialise 250 millions de cols (ou bouteilles) chaque année
« Nous sommes négociant : nous achetons le vin en vrac. Nous sommes embouteilleur : nous mettons le vin en bouteilles pour la MDD (marque de distributeur) Carrefour. Nous sommes logisticien : nous préparons les commandes pour les magasins Carrefour (4 000 en France). Nous sommes distributeur. Et nous sommes centrale d’achats auprès des grandes marques nationales, à qui nous achetons des bouteilles de vins et d’effervescents pour le compte de Carrefour, dans six pays européens : France, Belgique, Italie, Pologne, Roumanie et Espagne », énumère Leslie Camus, directrice générale de Maison Johanès Boubée. « Nous réalisons 90 % de notre chiffre d’affaires (non communiqué) en France, 8 % à l’export et 2 % sur notre site e-commerce, Ma Cave Carrefour, lancé en 2022, et qui propose déjà plus de 1 000 références », ajoute-t-elle.
Les vins de Bordeaux représentent 18 % des ventes nationales de vins tranquilles (non effervescents) de Carrefour. © MJB
Position de leader
L’objectif de Leslie Camus, qui a pris ses fonctions à la tête de Maison Johanès Boubée en février dernier : « continuer de croître en termes de parts de marché, afin d’asseoir notre position de leader, malgré un contexte peu porteur », affiche-t-elle. Si la filiale vins de Carrefour y est parvenue en 2024 et au premier semestre 2025, grâce au rachat des magasins Cora et Match par le groupe, qui a permis de compenser la décroissance du marché, l’avenir reposera sur « notre capacité à être suffisamment innovants pour enclencher de la croissance », affirme Leslie Camus. « C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai rejoint la filière viticole : il y a un énorme vivier d’innovations, avec une diversité de cépages, de terroirs, de savoir-faire… », se réjouit-elle.
Ingénieur agronome de formation et titulaire d’un master de l’Essec en management des industries agroalimentaires, Leslie Camus a commencé sa carrière chez Unilever, dans les crèmes glacées, avant de passer 19 ans chez McCain, dans la pomme de terre surgelée, où elle fut…