Phénomènes météorologiques pouvant précéder les orages, des tornades se sont formées, vendredi 29 août, en fin d’après-midi, dans les départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne. Sur les réseaux sociaux, des vidéos et photos ont capturé leurs passages et les dégâts qu’elles ont occasionnés.
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L’arrivée des premières perturbations en provenance de l’Atlantique est à l’origine d’importants dégâts sur le territoire aquitain, dans l’après-midi du 29 août. Les différentes cellules orageuses, nées de ces dernières, ont été précédées de tornades. Aucun bilan humain n’est à déplorer à la suite de leur passage, mais de nombreuses destructions matérielles ont été recensées.
Évoquant pour certains les plaines américaines du Midwest ou la trame romanesque du magicien d’Oz, ces formations météorologiques ont suscité la curiosité des locaux.
Sur la commune de Bias, dans le Lot-et-Garonne, l’une de ces tornades s’est abattue sur un centre commercial. Le gérant du magasin pour enfants, Joues & Bisous, raconte comment le vent « s’est engouffré » dans son magasin et qu’il a dû « maintenir la porte d’entrée pour ne pas qu’elle se rouvre ».
Au fond de son commerce, il a installé des bacs en plastique pour collecter les eaux s’infiltrant par son faux plafond. La tornade a laissé son magasin « sens dessus dessous ». D’après les pompiers du Lot-et-Garonne, le phénomène s’est étendu » sur une bande de 200 mètres sur 150 pendant quelques secondes, et a pu soulever quelques toitures ».
La superficie sinistrée a été évaluée à huit hectares par les pompiers du SDIS 47. Leurs opérations ont consisté à mener « de nombreuses opérations, de reconnaissance, de bâchage et de protection de bien ». « Cet événement n’est pas prévu, on n’a reçu aucun bulletin météo de la préfecture ou des services de l’État », expliquent-ils. En effet, comme l’explique le météorologue pour l’entreprise Weather & Co, Yann Amice, il est très difficile d’anticiper un phénomène de tornade.
Si les épisodes orageux peuvent être annoncés, le risque ‘tornadique’, lui, ne peut être identifié que dans un délai très court, parfois seulement au moment de son déclenchement.
En préambule de son explication, l’expert rappelle qu’il ne peut pas y avoir de formation de tornades, s’il n’y a pas des conditions orageuses. « L’orage est une zone de conflits entre masses d’air froid et d’air chaud. Ces rencontres se font majoritairement selon un plan horizontal, mais il arrive que celui-ci bascule à la verticale, provoquant alors le caractère tourbillonnant », décrypte Yann Amice.
« Or c’est ce basculement, qui est difficilement prévisible », poursuit-il. Mais celui-ci a bien été observé, en Dordogne, sur la commune de Saint-Rabier, en Dordogne, où des riverains ont capturé en vidéo la formation du « tuba ». Les pompiers du SDIS 24 font état d’une « trentaine d’habitations touchées ». Une équipe spécialisée en milieu périlleux a dû être sollicitée.
Selon Yann Amice, « il n’est pas surprenant de voir ce genre de phénomènes à cette période de l’année ». D’après lui, nous sommes confrontés aux premières perturbations saisonnières en provenance de l’Atlantique.
Le Sud-Ouest est une zone de confrontation naturelle entre masses d’air froid issues de l’Atlantique et les températures restant élevées sur le centre de la France.
Yann Amice
Météorologue et océanographe chez Weather’N’Co
« Mais la transition est violente en cette période de post-canicule. À partir du moment où les conditions réunies tendent vers des extrêmes, il n’est pas surprenant que la réponse atmosphérique soit aussi violente », détaille-t-il, pour expliquer les conditions de la formation de ces orages et, in fine, de celles de tornades.