Musée Bourdelle

Hormis les expositions temporaires, l’entrée au Musée Bourdelle, dans le 15e arrondissement de Paris, est gratuite toute l’année. Les visiteurs y découvrent des jardins romantiques peuplés de sculptures monumentales, mais aussi l’atelier préservé du sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929).

Moins célèbre que le Louvre ou le Musée d’Orsay, le Musée Bourdelle est pourtant un joyau de la capitale. Installé dans les anciens ateliers de l’artiste, il révèle un Paris intime, où l’on pénètre à la fois dans l’univers créatif de Bourdelle et dans l’histoire de la sculpture moderne.

Musée BourdelleAntoine Bourdelle

Transformés en musée en 1949, les ateliers de l’artiste conservent encore leur atmosphère originelle. Ici, boiseries et parquets dialoguent avec les silhouettes colossales en plâtre, marbre ou bronze. On déambule dans un espace hors du temps, à la fois atelier, maison et écrin de mémoire.

Musée Bourdelle

Un cheval monumental accueille le visiteur dans le premier jardin : fragment du Monument au général Alvear

Né en 1861 à Montauban sous le nom d’Antoine-Émile Bordelles, Bourdelle se passionne très tôt pour le dessin et la sculpture. Fils d’un menuisier-ébéniste, il taille ses premiers ouvrages dans le bois familial avant d’obtenir une bourse pour les Beaux-Arts de Toulouse, puis pour Paris. Élève d’Alexandre Falguière, il s’installe en 1885 dans l’impasse du Maine, au cœur d’une cité d’artistes.

Son admiration pour Beethoven marque sa carrière : dès 1888, il façonne des dizaines de portraits et bustes du compositeur. À travers lui, Bourdelle exprime une quête de force intérieure et de rigueur des formes qui ne le quittera jamais.

En 1900, il expose à l’Exposition universelle, avec une première version de la Tête d’Apollon. En 1905, il sculpte Pénélope, qu’il reprendra jusqu’en 1912. L’artiste se rapproche ainsi d’une esthétique à la fois classique et radicalement moderne.

Musée Bourdelle

La consécration arrive en 1910 avec l’Héraklès archer, figure héroïque bandant son arc, aujourd’hui présente dans de nombreux musées à travers le monde. Entre 1911 et 1913, il participe à la décoration du Théâtre des Champs-Élysées. Puis, en 1913, il expose à l’Armory Show à New York, faisant entrer la sculpture française dans la modernité internationale.

Musée Bourdelle

Héraklès archer

Maître de la sculpture monumentale, Bourdelle érige des œuvres colossales : la Vierge à l’offrande (6 m), La France (9 m), ou encore le Monument à Alvear à Buenos Aires, inauguré en 1926. Ses statues incarnent une puissance épique, à la frontière entre mythe antique et héroïsme moderne.

Parallèlement, dès 1909, il enseigne à l’Académie de la Grande Chaumière à Montparnasse. Ses cours attirent des élèves venus du monde entier, dont Alberto Giacometti ou Germaine Richier, qui prolongeront à leur manière l’héritage du maître.

Musée Bourdelle

À gauche : Vierge à l’offrande (entre 1917 et 1922)

Reconnu comme l’un des plus grands sculpteurs de sa génération, Antoine Bourdelle reçoit des commandes venues de toute l’Europe et d’Amérique latine. Pourtant, à partir de 1924, des rhumatismes douloureux ralentissent son activité. Il s’éteint en 1929 au Vésinet, à 68 ans, laissant une œuvre immense qui fit dire à la presse : « La mort subite du sculpteur du monumental fait songer à l’écroulement d’un Titan. »

Antoine Bourdelle repose aujourd’hui au cimetière du Montparnasse, non loin de son atelier. Le musée qui porte son nom offre une plongée rare dans l’intimité d’un créateur et dans l’histoire de la sculpture moderne.

Infos pratiques

Musée Bourdelle – 18, rue Antoine-Bourdelle – 15e arrondissement de Paris

Horaires : du mardi au dimanche, de 10h à 18h – fermé le lundi

Contact : 01 49 54 73 73