A seulement quelques jours de la rentrée, les étudiants du Master 1 Droit du tourisme et des transports ont reçu l’information que leur formation était suspendue et que leurs inscriptions ne pourraient être validées, alors même qu’ils avaient reçu une notification d’admission durant l’été et qu’ils avaient constitué leur dossier dans l’attente de finaliser leur inscription. Pour l’heure, le site de l’université ne donne aucune justification ou semblant d’explication à cette fermeture soudaine, se contentant d’afficher que « le Master 1 Droit du tourisme et des transports n’est pas ouvert à la rentrée 2025 ». La vingtaine d’étudiants concernés baigne pour l’instant dans un flou total, sans même savoir si l’université leur proposera une réaffectation ou une quelconque solution de repli …
En témoignent les mots de cette étudiante, qui a contacté Le Poing Levé Paris 1 : « Cette décision, brutale et inattendue, nous place dans une situation d’incertitude majeure quant à la poursuite de notre parcours académique et à notre avenir professionnel ». De façon plus générale, c’est l’absence totale de réponse de l’université qui place les étudiants dans une situation des plus précaires, l’une d’entre eux déplorant se sentir « prise au piège d’une incohérence administrative qui met en péril une année entière de notre parcours universitaire », et exigeant de l’université « des explications claires […] et surtout une solution immédiate pour garantir notre droit à la formation ». Une autre étudiante témoigne que la seule réponse qu’elle avait réussi à obtenir de l’administration était que « [que la formation était bien suspendue] et que mon admission « n’avait aucune valeur », précisant que « dès le lendemain de nos réclamations auprès de l’administration, le site a été modifié pour indiquer que la formation était fermée ».
Ce revirement brutal va même jusqu’à mettre certains étudiants dans une situation financière difficile : « Je suis boursière : sans inscription, je perds ma bourse. Je n’ai aucune alternative, car je ne peux pas simplement prendre une année pour faire des stages : il me faut absolument une convention, donc une faculté. Je n’ai plus droit non plus au tarif étudiant pour m’inscrire dans un DU, et payer le tarif plein est impossible pour moi ». A seulement quelques jours de la rentrée, les étudiants se retrouvent pour la plupart sans formation alternative, « j’avais cessé mes recherches, convaincue d’avoir trouvé ma place ici », et même sans autre perspective : « Même chercher un travail relève désormais de l’impossible, puisque nous sommes à quelques jours de la rentrée et que je n’ai rien pu anticiper ». Une situation critique qui a pour seul responsable l’administration de l’université qui ne daigne même pas donner une quelconque explication aux étudiants.
Une situation qui n’est pas sans rappeler la tentative de fermeture du Master AGAPES à l’Université de Toulouse Jean Jaurès en septembre 2024. Celle-ci, motivée par des questions budgétaires et conséquence directe de la réduction des moyens alloués à l’université, avait finalement échoué face à la mobilisation des étudiants et aux démonstrations de solidarité émanant de l’ensemble des étudiants, des enseignants et des personnels BIATSS. Une mobilisation qui a démontré qu’il n’y avait aucune fatalité face à la sélection et face à l’austérité, et dont les étudiants de Paris 1 pourrait s’inspirer face à une direction qui n’hésite pas à piétiner les droits des étudiants et à les plonger dans l’inconnu à quelques jours à peine de la rentrée.
Quoi qu’il en soit, cette décision scandaleuse s’inscrit dans une intensification de plus en plus importante de la sélection à l’université, couplée à une offensive austéritaire historique contre l’enseignement supérieur. Dans ce contexte, nul doute que les présidences d’université multiplieront les attaques directes contre les droits des étudiants et contre les formations qu’elles considèrent comme non rentables. Face à cela, il est essentiel de porter un autre projet d’université, sans sélection ni précarité et où les savoirs sont mis au service de la majorité. Seule une réponse collective à travers l’organisation des étudiants et la solidarité pourrait faire rouvrir le master comme ce fut le cas à Toulouse. La mobilisation du 10 septembre et l’appel à la jeunesse à s’y joindre pourraient être un appui pour arracher cette victoire et beaucoup d’autres.