Le 18 août 2025, à la Maison-Blanche. À peine la réunion terminée avec Donald Trump, Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens, le chancelier allemand Friedrich Merz dévoile le contenu d’un échange confidentiel. Lors d’un appel téléphonique avec Trump, Vladimir Poutine aurait accepté le principe d’une rencontre avec le président ukrainien « dans les deux semaines à venir ». Un délai qui laissait espérer, au cœur de l’été, une avancée rapide vers un possible face-à-face.

Le 22 août, Trump confirme publiquement cette fenêtre temporelle en s’adressant à la presse américaine : « Nous allons voir s’ils tiennent ou non une rencontre, ce sera intéressant à observer. Et si elle n’a pas lieu, pourquoi ? Parce que je leur ai dit d’en tenir une. Mais je saurai dans deux semaines ce que je vais faire. » Le président américain prend le monde à témoin et prévient le maître du Kremlin : il a jusqu’à la fin de l’été – le 5 septembre pour être précis – pour donner des signes d’ouverture et accepter une rencontre, bilatérale avec Zelensky ou trilatérale en sa présence.

Du côté russe, la première réaction est mesurée. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, déclare : « On est prêt à examiner une rencontre avec Zelensky si les conditions sont réunies. » Une phrase qui n’exclut rien, mais n’engage à pas grand-chose non plus. La clarification arrive ensuite, plus brutale. Le 24 août, Sergueï Lavrov choisit le plateau de l’émission américaine Meet the Press pour envoyer balader tout espoir de rencontre rapide : « Poutine est prêt à rencontrer Zelensky lorsque l’ordre du jour sera prêt pour un sommet, et cet ordre du jour n’est pas du tout prêt […]. » Le chef de la diplomatie russe en profite pour fustiger les « délais artificiels » fixés par Washington : « Nous ne travaillons pas selon le calendrier électoral américain. Si Washington veut fixer des délais artificiels, c’est son affaire, mais cela n’engage pas la Russie. »

La réponse est violente, et elle est complétée de façon tragique ce jeudi 28 août. Un bombardement frappe la capitale ukrainienne, Kiev, et tue quinze personnes, dont quatre enfants. Un raid aussi meurtrier qu’insignifiant sur le plan militaire. L’escalade prend une dimension encore plus provocatrice aux yeux des alliés européens de Kiev : les frappes ont atteint des locaux de l’Union européenne et du British Council. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, annonce la convocation de l’ambassadeur russe auprès de l’UE. Dans la foulée, le chancelier allemand Friedrich Merz a réagi en dénonçant une attaque qui, selon lui, « montre le vrai visage de la Russie ».

Trump veut imposer son calendrier, Moscou le défie

Loin de montrer le moindre signe d’apaisement dans cette période de tractations, Moscou multiplie les bombardements contre les civils. À l’Élysée, on ne se dit guère surpris par cette frénésie et par le cynisme de Vladimir Poutine. Une source diplomatique résume : « Nous arrivons aujourd’hui au terme du délai que le président Trump avait accepté de donner à Vladimir Poutine avant d’acter une rencontre. Les Russes ne montrent plus d’ouverture à cette séquence. Nous en tirerons évidemment les conséquences, notamment en matière de sanctions contre la Russie, mais aussi dans le soutien à l’Ukraine. »

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« La priorité de Trump est de rétablir une relation fonctionnelle avec la Russie. L’Ukraine est pour lui un obstacle dans cette relation. Mais il sait aussi qu’aucun accord avec Moscou ne peut se faire sans solution sur l’Ukraine », poursuit la même source, qui espère que la patience américaine face au Kremlin touchera bientôt à sa fin.

Ce n’est pas la première fois que le président des États-Unis tente d’imposer son tempo, sans succès. Le 14 juillet 2025, il avait donné cinquante jours à Poutine pour mettre fin au conflit, sous peine de sanctions renforcées. Le 28 juillet, ce délai avait déjà été ramené de façon abrupte à « dix ou douze jours ». À chaque fois, les ultimatums trumpiens sont restés sans réponse. En sera-t-il différemment avec l’échéance du 5 septembre ? Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la réponse paraît désormais claire : « Moscou a choisi les missiles plutôt que la table de négociation. »

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