Trois semaines après leur voyage au Cap (Afrique du Sud), sur la plage de Dias Beach, où avait disparu leur fils Medhi en août 2024, lors d’un stage de l’équipe de France U18, la famille Narjissi a appris les premières sanctions à l’encontre des membres du staff. Selon une copie de l’arrêté consulté par l’AFP, le ministère des Sports a prononcé lundi la perte du statut de fonctionnaire pour le préparateur physique Robin Ladauge, soit la mesure disciplinaire la plus sévère pour un cadre d’Etat.

L’ancien manageur Stéphane Cambos, de son côté, a été suspendu deux ans dont un ferme, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant des informations du quotidien Le Parisien. Des sanctions considérées comme « le minimum » aux yeux de Jalil Narjissi, le père de Medhi, qui qualifie de « crime » le fait d’avoir laissé des adolescents se baigner sur cette plage.

« Ça ne ramènera pas notre fils Medhi mais c’est logique que ces personnes-là, dont bien sûr monsieur Ladauge, soient révoquées. C’est le minimum qu’ils soient radiés de la fonction publique », a-t-il réagi auprès de l’AFP, jugeant « honteux » que Stéphane Cambos garde pour sa part son statut de fonctionnaire. « Il doit être radié de la fonction publique, ce monsieur-là. Il a les mêmes responsabilités, il est décisionnaire de cette mise à l’eau », a-t-il accusé.

« Un manque de respect pour la mémoire de notre fils »

Après ces sanctions, les parents de Medhi Narjissi ont écrit à la ministre des Sports, Marie Barsacq, pour livrer leur sentiment, rapporte Le Parisien. « Nous sommes choqués par la décision prise concernant monsieur Stéphane Cambos. Quelle honte ! Cette sanction n’est en rien à la hauteur des fautes commises, ni de la tragédie irréparable que nous vivons. Elle traduit un manque total de respect pour la mémoire de notre fils. »

Dans l’enquête pénale ouverte après le drame, un juge d’instruction d’Agen a procédé en mai et en juin aux mises en examen de Robin Ladauge et de Stéphane Cambos pour homicide involontaire. Céline Lasek, avocate de Robin Ladauge, a déclaré à l’AFP que son client déposerait un recours contre la sanction disciplinaire de révocation, basée selon elle « sur un récit qui est complètement erroné » du déroulé de cette séance de récupération.

Robin Ladauge est « effondré » pour la famille de Medhi, fait-elle valoir. « Il tient vraiment à dire qu’il pense à eux tout le temps. »