Le 37e festival Visa pour l’image s’est ouvert ce samedi 30 août 2025 à Perpignan. 26 expositions dans 10 lieux emblématiques de la ville sont à découvrir jusqu’au 14 septembre.
« Et si Visa n’existait pas ». La voix grave, Pierre Conte a ouvert sans détour le 37e Visa pour l’Image ce samedi à Perpignan. Au cœur du couvent des minimes, le président de l’association qui porte le festival de photojournalisme pointait « un monde de l’information libre qui se paupérise ». Et donc « un photojournalisme au pain sec ». L’explosion des réseaux sociaux, l’inflation des fake news bouleversent le biotope de l’information depuis plusieurs années. Le photojournalisme n’y échappe pas.
Pierre Conte insistait en s’inquiétant « de ces démocraties les plus vertueuses qui en viennent à refuser des accréditations ou des présences sur certains terrains ». « On pourrait baisser les bras », mimait le Catalan qui a œuvré au Figaro Magazine, Paris Match ou RTL entre autres. « Non, Visa va continuer de se battre pour cette obsession de la recherche de la vérité vraie ». Plus léger, devant un parterre d’élus et de partenaires, il ouvrait finalement « un festival qui est une fête dans une belle ville, une fête populaire, où, c’est notre pari fou, tout est gratuit ».
« Je suis là, je vais me battre et je serai là l’année prochaine »
Protocole oblige, les partenaires publics et privés saluèrent à leur tour l’engagement et le courage des photojournalistes. Dont nombreux sont tombés sur les fronts cette année. Une focale très locale pointa avec Laurent Gauze. Le président de la CCI, co-fondatrice de Visa, entonnant le « Hey Joe » de Jimi Hendrix pour sceller la rupture avec le OFF. Ce dernier renaissant sous le nom d’Objectif Image Pays catalan.
Comme chaque année, Jean-François Leroy conclut cette inauguration officielle. Comme très souvent à contre-courant des discours convenus, il s’inspira d’un photographe de Life Magazine pour prévenir : « L’objectivité voilà le premier mot qu’il faudrait bannir de notre vocabulaire de journaliste, il faudrait tendre à l’honnêteté ». Casquette sur la tête, visiblement affaibli par la maladie, sa voix se noua pour remercier « Delphine, mon associée et toute l’équipe ». Avant de rebondir par un « je suis là, je vais me battre et je serai là l’année prochaine », salué par une intense standing ovation.