Un homme qui installe un filtre à eau sur son robinet.Mal utilisés (filtres non changés, eau stagnante), ces dispositifs peuvent même devenir plus dangereux qu’utiles. © Freepik

En France, l’eau du robinet est parmi les plus contrôlées d’Europe. Selon le ministère de la Santé, plus de 98,4 % des consommateurs ont accès à une eau conforme aux normes microbiologiques.

Pourtant, les inquiétudes demeurent. D’après un sondage de l’UFC-Que Choisir publié en 2022, près d’un Français sur deux (47 %) se dit préoccupé par la présence potentielle de pesticides, nitrates ou résidus médicamenteux dans son eau. Résultat : les ventes de carafes filtrantes et de filtres domestiques explosent.

Filtration de l’eau : quels sont les dispositifs ?  Carafes filtrantes : une efficacité limitée et variable

Les carafes filtrantes (type Brita ou équivalent) sont les plus répandues. Leur principe : un filtre à charbon actif et résine échangeuse d’ions qui retient le chlore, certains métaux lourds (plomb, cuivre), ainsi que quelques pesticides.

  • Une étude américaine publiée dans Environmental Science & Technology (2020) a montré que ces carafes pouvaient éliminer en moyenne 50 % des PFAS (les “polluants éternels”).
  • En France, 60 Millions de Consommateurs souligne que l’efficacité varie énormément selon les modèles : certaines carafes réduisent correctement la teneur en chlore ou en plomb, d’autres beaucoup moins.

Le plus souvent, elles améliorent le goût de l’eau mais ne constituent pas une garantie sanitaire complète. Et si le filtre n’est pas changé régulièrement, il peut devenir un nid à bactéries et relarguer des substances indésirables.

Bâtons de charbon actif : surtout un effet “goût”

Les bâtons de charbon actif, très à la mode dans les cuisines écolo, sont censés absorber certaines impuretés. Mais selon un reportage de TF1 Info (25 août 2025), ils sont trop perméables pour retenir efficacement les nitrates, nitrites ou pesticides.

Leur principal effet est d’atténuer le goût du chlore, ce qui peut rendre l’eau plus agréable à boire, mais ils ne protègent pas la santé face aux polluants chimiques.

Filtres sur robinet : les plus performants contre les pesticides

Les filtres montés directement sur robinet apparaissent comme la solution la plus sérieuse dans les tests récents.

  • Selon l’association 60 Millions de Consommateurs (août 2025), certains modèles éliminent jusqu’à 100 % des pesticides détectés dans l’eau.
  • Leur point faible : ils sont moins efficaces contre les PFAS, ces composés chimiques persistants très surveillés par les autorités sanitaires (Source : Santé publique France, 2024).

Leur entretien doit être rigoureux (remplacement du filtre selon les délais du fabricant) pour éviter une contamination bactérienne.

Osmose inverse : la filtration la plus poussée, mais pas sans inconvénients

L’osmose inverse, souvent utilisée dans les hôpitaux ou les cuisines professionnelles, est le système le plus puissant. Il permet d’éliminer plus de 90 % des PFAS et pesticides (Étude Vert.eco, 2025).

Mais il présente deux limites majeures :

  1. Il retire aussi les minéraux essentiels (calcium, magnésium), ce qui peut déséquilibrer l’eau si elle n’est pas reminéralisée.
  2. Il produit une eau résiduelle très concentrée en polluants, difficile à gérer sur le plan écologique.

C’est une solution efficace, mais plutôt adaptée aux foyers très concernés par des pollutions spécifiques, ou aux personnes fragiles (nourrissons, personnes immunodéprimées), sur avis médical.

Alors, faut-il vraiment filtrer son eau du robinet ?

En réalité, pour la majorité des foyers français, l’eau du robinet reste potable et sans danger. Les filtres ne sont pas indispensables, mais peuvent avoir un intérêt :

  • Carafes filtrantes : pour améliorer le goût, en changeant le filtre régulièrement.
  • Filtres sur robinet : pour réduire efficacement les pesticides.
  • Osmose inverse : pour une purification quasi-totale, mais avec des inconvénients (coût, perte de minéraux, impact écologique).

Les autorités sanitaires rappellent qu’il est surtout essentiel de consommer une eau variée (robinet, eaux minérales, sources locales), et de respecter l’entretien des dispositifs de filtration.

À SAVOIR

En France, la réglementation européenne impose des limites strictes pour plus de 50 paramètres dans l’eau potable : pesticides, nitrates, métaux lourds, bactéries… Mais certains polluants émergents, comme les PFAS, ne sont pas encore couverts par une valeur limite obligatoire.

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