Par

Gil Martin

Publié le

30 août 2025 à 17h26

Ce jeudi 28 août, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (le SCUM) a rencontré la presse sur le campus Richter de l’Université de Montpellier. Les étudiants ont confirmé que cette rentrée 2025 ressemble malheureusement aux précédentes, marquée par la précarité galopante des jeunes, de plus en plus nombreux à assister aux distributions alimentaires, une situation désastreuse suralimentée par une profonde crise du logement (seuls 10% des étudiants boursiers ont accès à une chambre en Cité-U).

Des étudiants ponctionnés

« Le constat est sans appel : la précarité s’amplifie et touche de plus en plus de jeunes », assure le SCUM chiffres à l’appui : « Depuis 2017, soit l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les étudiants ont subit de plein fouet des mesures décidées par l’Etat (augmentation des frais d’inscription à l’université, baisse des APL, stagnation des bourses, crise du logement, augmentation de l’alimentation, du coût de l’énergie, etc…) ce qui se traduit au final par une perte de 2650 € par an ».  

A Montpellier, les loyers sont très élevés et représentent 75% du budget d’un étudiant »

SCUM

Le SCUM dénonce le peu d’intérêt de l’Etat pour les étudiants boursiers : « En effet, les bourses n’ont augmenté que de 4% et 1 % en 2020 et 2021 puis plus rien et les étudiants subissent une situation de plus en plus précaire qui est devenue clairement alarmante ». Le syndicat étudiant rappelle notamment avoir du distribuer plus de 15 000 colis alimentaires en 2025. « Pour bien comprendre cette précarité, sachez que le niveau le plus élevé des bourses, soit 633,5€/mois, ne représente que que 45% du seuil de pauvreté ».

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Vidéos : en ce moment sur ActuPeu de logements universitaires

A Montpellier, le SCUM estime que le coût de la vie pour un étudiant a encore augmenté de 5,54% cette année, « une hausse qui s’ajoute à celle 3,65% constatée en l’an dernier, qui suivait elle-même une hausse de 6,4% en 2022 et +2,14% en 2021 », souligne le SCUM qui pointe l’un des principaux problèmes pour les étudiants : le logement. « Il n’y a pas assez de places en cité-universitaire et les loyers dans le secteur locatif sont très élevés à Montpellier », rappelle le SCUM, indiquant que le loyer représente 75% du budget d’un étudiant.

Les distributions alimentaires de plus en plus nombreuses, symbole d'une précarité étudiante alarmante
Les distributions alimentaires de plus en plus nombreuses, symbole d’une précarité étudiante alarmante (©Métropolitain – archives)

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« La crise du logement ne cesse de s’amplifier d’année en année avec un contexte de tension locative importante, à Montpellier comme dans les autres villes étudiantes… Alors que le Crous, ici, ne peut loger qu’à peine 10% des étudiants, le prix médian d’un studio ou d’un F1 se situe à au moins 455€ par mois ». Conséquence : de nombreux étudiants se retrouvent sans solution, si ce n’est à la rue : « En 2024, plus de 150 étudiants sans logement nous ont sollicités », rappelle le SCUM : « Cette année, ce triste chiffre sera aussi atteint voire dépassé ».

Au passage, le syndicat étudiant pointe la politique du CROUS : « A cette crise du logement s’ajoute en effet les récentes augmentations des loyers du Crous, soit plus 3,5% ». Le SCUM s’est largement mobilisé contre cette annonce et déplore aujourd’hui des loyers élevés pour les logements universitaires :
-Chambre de 9m² : +8,39€ par mois pour un loyer mensuel de 265,80€ ;
-Studio 18m² à la Cité U de La Colombière : +11,86€ par un loyer mensuel de 375,58€ ;
-T2 à la résidence Alexandrie : +20,17€ par mois pour un loyer mensuel de 638,93€.

Le stationnement pointé du doigt

Enfin, le SCUM insiste sur une autre difficulté financière rencontrée par les étudiants : le prix du stationnement. « Dans ce domaine, La situation empire également », indique le syndicat : « Les places de parking aux alentours des facs sont devenues payantes avec un abonnement de 150 euros par an… Conséquence de ces choix de la Ville : même se loger en dehors de Montpellier n’est plus une option. Il faut quand même rappeler que de nombreux étudiants viennent en voiture car, face à la pénurie de logement, ils doivent trouver un logement en dehors de Montpellier et ils ne peuvent pas toujours compter sur les transports en commun… Ils sont donc encore plus pénalisés ».

La mobilisation pour les « Sans-Facs » continue

Comme chaque année, le SCUM lance sa campagne d’inscription des étudiants « sans fac », qui n’ont pas obtenu d’inscriptions dans les cursus (le plus souvent des Master) de leurs choix : « Cette année encore, des dizaines d’entre-eux ont contacté le SCUM cet été afin d’obtenir une inscription dans le master de leur choix… Nous nous mobilisons cette année encore pour que l’action collective permettre l’inscription d’un maximum d’étudiant laissés sur le bord de la route, éjecté par leur propre université… l’an dernier, 83% des étudiants sans master qui se sont mobilisés avec le SCUM ont obtenu leur inscription ».
Le SCUM organise deux réunions avec tous les étudiants sans affectation en Master :
-Université de Montpellier, le jeudi 11 septembre à 18h, salle 2.3.04 (bâtiment 2) de la Faculté de Droit et Sciences Politiques
-Université Paul-Valéry, le vendredi 12 septembre à 18h, salle Jean Moulin (bâtiment T) de la Maison des étudiants.

Contre la sélection à l’université

Le SCUM dénonce aussi « les logiques élitistes de sélection sociale à l’université… Si une sélection doit avoir lieu, ce n’est possible que sur l’obtention du diplôme du niveau inférieur (baccalauréat pour accéder en Licence, et Licence pour accéder en Master). Les universités doivent s’adapter pour accueillir davantage d’étudiants, les enseignants doivent cesser de faire du tri social, et le gouvernement doit donner davantage de moyens pour garantir des places pour toutes et tous », tranche le syndicat qui semble prête à passer à l’action : « Le SCUM sera mobilisé participera à l’appel à la mobilisation générale du mercredi 10 septembre », annoncent les étudiants. « Face au renforcement de la sélection sociale à l’université, et plus largement face à l’explosion de la précarité, le SCUM continuera à se mobiliser et construire des rapports de forces offensifs et gagnants… Le 10 septembre, nous nous mobiliserons au sein de l’intersyndicale de l’Hérault pour représenter les étudiants ».

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