Par

Matthieu Gain

Publié le

30 août 2025 à 18h20

Place d’Écosse, à Quimper (Finistère), vendredi 22 août 2025. La Block Party, l’un des événements qui marque la rentrée de la Hip Hop New School, bat son plein. Sur scène, les danseurs enchaînent les passages au fil des compétitions de l’après-midi. 

Lorélie Pierre, 16 ans, se fond parmi eux. L’adolescente, pantalon de jogging, veste du club de foot de sa commune de Plogastel-Saint-Germain, est dans son élément. 

L’élite du hip hop

Sur scène, la jeune danseuse a fait quelques étincelles. Et pour cause : elle fait partie de l’élite du hip hop, en France.

Début septembre, Lorélie Pierre fera sa rentrée en première STMG au lycée Turgot dans le 3e arrondissement de Paris. Depuis 2016, l’établissement a ouvert une section sportive hip hop

Mon année de seconde a été très dense, entre les cours, les entraînements, les résidences artistiques et les opportunités chorégraphiques. 

Lorélie Pierre.

En juin 2025, elle est aussi apparue dans le documentaire Danse ton bac d’abord, diffusé sur la chaîne de télévision, Arte

Vidéos : en ce moment sur Actu16 h d’entraînements par semaine

L’an passé, rien que le hip hop pesait déjà 16 h par semaine. « Si les résultats scolaires ne suivent pas, l’établissement peut en quelque sorte nous suspendre ; le temps que nos notes remontent. Pour moi, cela a été. J’ai fini l’année avec 14 de moyenne », confie Lorélie Pierre. 

Lorélie Pierre
Lorélie Pierre, 16 ans, poursuit sa scolarité au lycée Turgot à Paris où une section sportive hip hop existe depuis 2016. ©Matthieu GAIN

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Delphine, sa maman, confie à Côté Quimper : « Nous sommes fiers d’elle. Cela a été un sacré challenge. De partir à Paris et de réussir à tout gérer. Elle est méritante. » 

Elle retrace aussi tout le parcours de sa fille, de sa découverte du hip hop jusqu’à son départ à Paris et son admission dans ce dispositif unique en Europe. 

Comme beaucoup de jeunes, Lorélie a d’abord essayé plusieurs sports dont des cours de danse classique, contemporaine, modern jazz. Cela lui plaisait mais sans plus. Elle a commencé le hip hop lors d’une initiation avec Atout Sport (un programme de l’agglomération Quimper Bretagne occidentale en faveur du sport pour les jeunes, NDLR).

Delphine, la maman de Lorélie. 

« Détermination » et « curiosité »

Lorélie s’inscrit à la Hip Hop New School. Ali Ahamed, le directeur artistique de l’école basée à Quimper, l’a eue en cours deux années consécutives. Il salue sa « détermination », sa « persévérance » et sa « curiosité » :

Elle était capable de répéter une figure vingt fois jusqu’à la réussir. Lorélie me sollicitait aussi régulièrement après avoir vu tel ou tel mouvement sur une vidéo. Elle voulait toujours apprendre.

Ali Ahamed, le directeur artistique de la Hip Hop New School.

Le professeur lui souffle l’existence de la section spécialisée au lycée Turgot. Lorélie est alors en 4e au collège Laënnec de Pont-l’Abbé. Sa maman reprend : « On a d’abord été perplexe. Cela nous paraissait inaccessible. » 

Le couple (elle est assistante dentaire ; son conjoint, conducteur de ligne dans l’agroalimentaire) a cependant accompagné Lorélie dans ce projet. « Nous avons d’abord recherché un cursus similaire, plus près de la maison, à Brest et à Nantes. L’année suivante, quand Lorélie était en 3e, nous sommes allés aux portes ouvertes dans ce lycée à Paris. Rien n’était alors décidé. Lorélie nous a finalement embarqués dans cette aventure », retrace Delphine.

Sélection drastique

Encore fallait-il réussir les épreuves de sélection. « Il y avait 60 candidats pour 14 places dans la section », rapporte Lorélie. Elle passe et réussit sa première audition. « Elle a aussi dû présenter un dossier et une création vidéo. Elle n’a jamais lâché », ajoute sa maman.

Depuis, la danseuse a pris ses marques dans la capitale. Son talent n’a pas laissé indifférent. Lorélie a rejoint la crew (équipe) Flow Killerz

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« Un profil très rare »

Ali Ahamed n’est pas vraiment surpris de la réussite de son ancienne élève. « L’émergence d’un profil comme celui de Lorélie demeure très rare. » La Hip Hop New School, poursuit-il, « n’est pas tournée vers la compétition mais vers un public le plus large possible ».

En cette période de rentrée et d’inscriptions, le parcours de Lorélie Pierre pourrait toutefois s’avérer inspirant.

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