l’essentiel
De la banlieue de Gennevilliers aux scènes de festivals, en passant par les débuts tâtonnants sur YouTube, David Coscas, alias McFly, revient pour La Dépêche du Midi sur son histoire. Entre musique, amitié indéfectible avec Carlito et quête d’un bonheur simple, il raconte sans détour les étapes marquantes de son parcours.

David McFly a marqué de son empreinte le nouvel espace Visionnaire, vendredi après-midi au Rose Festival. La jauge de cette scène, installée sur la mezzanine du Food Court à l’intérieur, affichait complet. Le vidéaste-humoriste-musicien français a momentanément quitté son alter ego « Mcfly » pour se consacrer à la musique avec un EP rock sorti en mars, « Le but du je ». Interview.

David McFly sur la scène Visionnaire vendredi au Rose Festival.

David McFly sur la scène Visionnaire vendredi au Rose Festival.

Vous êtes connu comme la moitié du duo McFly & Carlito. Mais si l’on revient au tout début, comment tout a commencé pour vous ?

Je suis né à Gennevilliers en 1986 avec une atrésie de l’œsophage. Déjà, ça m’a forgé un rapport particulier à la vie. J’ai grandi dans ma petite banlieue dont je suis très fier. Très tôt, j’ai eu un rapport à la musique : à 5 ans, j’ai commencé le violon et le solfège. Ça ne m’a jamais quitté.

Au lycée, j’ai rencontré des amis que j’ai toujours aujourd’hui. Parmi eux, Raphaël Carlier, que tout le monde connaît maintenant sous le nom de Carlito. On avait 18 ans, on faisait une émission de métal sur Le Mouv’, juste deux gamins qui s’éclataient à diffuser leur musique, à faire des blagues. C’était le bonheur.

Très vite, lui est parti dans la vidéo, moi dans le son. Mais on s’était juré dans la cour du lycée Albert Camus à Bois-Colombes qu’on ne lâcherait jamais ce rêve : faire des vidéos ensemble. Et on a tenu cette promesse.

Ce rêve a mis du temps à se concrétiser. Qu’est-ce qui vous a poussé à ne jamais abandonner malgré les échecs ?

Franchement, je ne sais pas trop expliquer. Il faut y croire plus fort que les autres, je pense. La chance joue aussi, mais surtout le travail et la persévérance. Et puis, être deux, ça change tout. Quand tu fais une promesse à ton meilleur ami, tu ne veux pas le décevoir.

Pendant dix ans, on a bossé comme des dingues sans que rien ne marche vraiment. On mettait nos vidéos sur YouTube, on faisait 500 vues, 1 000 peut-être. On se disait : même si ça ne marche pas, au moins on le fait, et c’est ça qui compte.

Vous parlez beaucoup d’amitié et de fidélité. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre parcours ?

Ce qui me marque le plus, c’est à quel point c’est vital de faire les choses avec les gens que tu aimes. C’est le vrai moteur. Tu peux être dans un petit café avec un son pourri et 22 personnes dans la salle : si tu es avec tes potes, c’est génial.

Avec Carlito, même quand c’était nul, c’était génial. On s’est construits comme ça, en transformant les galères en expériences. Et cette philosophie-là, je l’applique partout : dans mes projets, ma famille, ma musique.

Justement, la musique semble revenir dans votre vie. Quelle place occupe-t-elle aujourd’hui ?

C’est mon premier amour. J’ai commencé avec le violon, puis à 14 ans, j’ai découvert la guitare électrique. La musique m’a sauvé la vie. Quand j’ai connu Carlito, c’était d’ailleurs grâce à ça : il avait lui aussi un groupe. À l’époque, je me voyais musicien raté, mais musicien quand même. Aujourd’hui, j’ai renoué avec ça. J’ai retrouvé mes potes du lycée, on joue à nouveau ensemble. Ça me ramène à l’essentiel : partager des moments sincères.

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Qu’est-ce que vous ressentez quand vous êtes sur scène ou en train de composer ?

Le temps disparaît. Il n’existe plus. Tu joues, tu crées, tu composes… et tu ne sais pas si ça fait une minute ou trois heures. Pour moi, c’est ça, la preuve que tu es sur la bonne voie.

C’est pareil quand je travaille des vidéos avec Carlito. On brainstorme un concept et d’un coup, tu ne sais plus où tu en es. J’ai ma petite théorie perso : si tu as l’impression que le temps ne passe pas, c’est qu’il s’arrête vraiment.

Vous avez déjà accompli énormément de choses. Mais reste-t-il des rêves que vous n’avez pas réalisés ?

Toujours. Mais mon plus grand rêve, ce serait d’être heureux sans avoir besoin de projets. Juste être. Pour l’instant, j’ai encore besoin de me projeter : un nouvel album, une vidéo, un concert. Ça me remplit de joie, mais je rêve d’atteindre un jour un état où je n’aurais besoin de rien.

Et dans votre quotidien, qu’est-ce qui vous rend heureux aujourd’hui ?

Être entouré. Les amis, la famille, c’est tout. Quand tu as des enfants en bas âge, leur seule présence, c’est déjà le bonheur. Mais oui, j’ai encore cette envie de construire, de créer. C’est peut-être lié à l’âge, à cette période de la vie où tu veux encore prouver, avancer.

Est-ce que vous diriez que vous êtes fier de votre parcours ?

J’ai mis du temps à l’admettre, mais oui, je suis fier. Très fier, même. Fier d’avoir tenu cette promesse faite au lycée, fier d’avoir créé avec Carlito, fier de continuer à me réinventer avec la musique. Mais surtout, fier d’avoir toujours placé l’amitié et l’amour au centre de tout.