« On sait très bien comment ça va finir »

Dans l’Ouest vosgien, l’information a mis en alerte les éleveurs ovins  : « On s’attend à en avoir un. La meute va les disperser. Et chaque louveteau va refaire une meute. Or, une meute, c’est 100 km de rayon. Nous avons donc 99 % de chances d’avoir l’un de ces louveteaux chez nous », anticipe cet agriculteur. Lui sait que nombre d’éleveurs ovins du secteur font paître leurs animaux toute l’année : « La population du gibier présente va l’attirer et il sera alors plus facile pour le loup d’attraper un mouton que courir après un chevreuil. »

Comment se préparer à ce retour ? « Tout ce qu’on a essayé, rien ne marche. En plus, il faut remplir des dossiers aussi hauts qu’un annuaire. Ça vous décourage et même s’il y a des remboursements, il faut avancer l’argent. On a tout mis en électrique , on avait quand même des attaques tous les deux jours. Les clôtures ne font pas peur au loup. Il faut une personne à temps plein pour faire ce sale boulot : recharger les postes, couper l’herbe pour le passage du courant électrique, changer les postes si on ne vous les dérobe pas… »

Quelle solution dans ce cas ? « Le loup, à part l’homme, n’a peur de rien. Il n’y a rien à faire à part bâtir un mur d’agglos de 3 m de haut tout autour des champs. C’est ingérable. On s’y attend mais on ne peut pas s’y préparer. On sait tous comment ça va finir. On sait qu’on aura des pertes. On ne sait juste pas quand ni où, ni comment. Le seul moyen de s’en débarrasser, c’est le plomb. »

Propos recueillis par Olivier Jorba