Le chancelier allemand Friedrich Merz a fermé dimanche la porte à toute hausse d’impôts, malgré un déficit budgétaire qui se creuse et les appels du partenaire social-démocrate à davantage de recettes fiscales.
«Nous avons un contrat de coalition et nous y avons convenu que les impôts ne seraient pas augmentés», a déclaré le dirigeant conservateur lors d’une interview donnée à la chaîne publique ZDF. «Et ce contrat de coalition s’applique», a-t-il insisté. Ni lui, ni le chef du parti allié bavarois (CSU), Markus Söder, «n’auraient signé un contrat incluant de nouvelles charges fiscales», a-t-il martelé.
Cette prise de position intervient après qu’au sein de la coalition à Berlin, le ministre des Finances et vice-chancelier, Lars Klingbeil, du parti social démocrate (SPD), a récemment laissé entendre que des hausses d’impôts pour les hauts revenus pourraient être nécessaires pour combler une faille budgétaire estimée à 30 milliards d’euros dès 2027. «Que le SPD ait d’autres points de vue» sur la question fiscale est «tout aussi légitime que le fait que nous ayons nos propres positions sur d’autres sujet», a ajouté Friedrich Merz, qui a en même temps nié un «clash» au sein de la coalition.
Markus Söder est allé plus loin en plaidant dernièrement pour des baisses fiscales, affirmant que la compétitivité économique de l’Allemagne nécessitait un allègement des charges. Friedrich Merz veut relancer l’économie allemande qui recule depuis 2023 et pour cela le pays «doit travailler davantage et plus longtemps»: il a évoqué un nombre excessif de jours d’absence pour maladie, une productivité stagnante et des coûts du travail parmi les plus élevés d’Europe, qui pèsent sur la compétitivité du pays.
Pour l’heure, la grande coalition à Berlin s’est accordée sur des baisses d’impôts, pour un montant de plus de 45 milliards d’euros entre 2025 et 2029, destinées à stimuler l’investissement des entreprises.