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Rédaction Actu
Publié le
12 sept. 2025 à 11h29
Cette maladie touche au moins un Français sur cinq. Pourtant, elle reste méconnue du grand public. Elle est provoquée par une accumulation de graisse dans le foie, en dehors de toute consommation d’alcool, pouvant conduire à la cirrhose, puis au cancer. Son nom : la « maladie du foie gras« , ou stéatose hépatique métabolique.
La pathologie « connaît une progression spectaculaire et constante, qui pose de nouvelles problématiques de santé publique », signale le CHU d’Angers, sur une page dédiée. Elle revient sur le devant de la scène à l’occasion d’une réunion organisée les 11 et 12 septembre 2025 à l’Institut Pasteur, à Paris, du nom de Paris Mash Meeting.
Augmentation fulgurante
Associée à l’épidémie d’obésité et de diabète, la stéatose hépatique non alcoolique a pour point de départ « un déséquilibre entre les apports et les dépenses caloriques », rappelle le CHU d’Angers. La surconsommation de nourriture, la sédentarité, ont provoqué une augmentation fulgurante du nombre de personnes avec la « maladie du foie gras ».
D’ailleurs, le constat est sans appel : elle « sera prochainement la première cause de greffe de foie« , assure le CHU de Lyon. Elle affecte principalement les individus en surpoids, ceux souffrant de diabète de type 2 ou présentant un syndrome métabolique.
À l’origine, la stéatose hépatique métabolique n’est pas nécessairement grave, elle le devient quand le foie développe une hépatite. Dans ce cas, on parle alors plus précisément de « stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique » (ou MASH).
L’inflammation ne disparaît pas et peut s’aggraver au fil du temps, jusqu’à un risque de cancer hépatique, dans ses formes les plus graves.
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Évaluer le degré de fibrose
Mais point de fatalité. Il est possible d’identifier les patients à risque et de les prendre en charge avant qu’ils ne développent des complications.
Comme le rappelle le CHU d’Angers, le plus important est d’évaluer le degré de fibrose, qui constitue un indicateur important pour jauger la sévérité de la maladie.
Si la biopsie constitue l’examen de référence, plusieurs tests non invasifs sont disponibles, comme des tests sanguins ou sinon des appareils d’élastométrie. Avec une sonde posée sur la peau, ces appareils mesurent en quelques minutes la dureté du foie.
Un traitement bientôt disponible ?
Du côté des traitements, l’objectif est avant tout de soulager le foie. Cela passe d’abord par un changement de son mode de vie : on réduit l’excédent de gras stocké.
« Une perte de poids de l’ordre de 10 % du poids du corps permet une amélioration de l’état du foie dans 90 % des cas. Mais cela reste souvent difficile à appliquer dans la durée », signale le CHU d’Angers. Si le patient est éligible, il est également possible d’avoir recours à la chirurgie bariatrique.
Comme le rappelle l’Assurance maladie, il n’existe pour l’heure aucun traitement médicamenteux approuvé. Néanmoins, la recherche avance, avec notamment en ligne de mire le resmetiron, capable de moduler le métabolisme des graisses dans le foie.
« Deux ans de traitement par Resmetiron semble améliorer l’élasticité hépatique et l’hypertension portale significative avérée chez près de la moitié des patients ayant une cirrhose MASH avec un profil de tolérance satisfaisant », avance l’Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie. De quoi donner de l’espoir aux patients, en attente d’un médicament efficace.
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