Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni va produire en série des drones intercepteurs avancés conçus pour neutraliser les drones d’attaque russes en collaboration avec l’Ukraine.
- Ce projet de drone représente le premier effort de développement conjoint dans le cadre d’un accord de partage de technologie entre le Royaume-Uni et l’Ukraine. L’industrie britannique aura ainsi accès à des conceptions de pointe.
- L’incident impliquant des drones russes suspectés d’avoir pénétré dans l’espace aérien polonais a suscité des discussions sur le renforcement des défenses aériennes de l’OTAN au-dessus de la Pologne.
Le Royaume-Uni s’apprête à lancer la production en série de drones intercepteurs de pointe destinés à aider l’Ukraine à se défendre contre les attaques aériennes russes. Ces drones, fruit d’une collaboration entre des ingénieurs ukrainiens et des scientifiques britanniques, se sont révélés très efficaces pour neutraliser les drones d’attaque à sens unique que la Russie déploie fréquemment contre les villes ukrainiennes.
Cette initiative constitue le premier projet dans le cadre d’un accord novateur de partage de technologies signé au début de l’année par le leader travailliste britannique Keir Starmer et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’accord a été élargi la semaine dernière lors de la visite de Healey à Kiev, où il a signé un accord permettant le développement conjoint et le partage de la propriété intellectuelle.
Accès sans précédent
Healey a souligné le caractère unique de ce partenariat, qui offre à l’industrie britannique un accès sans précédent à des conceptions d’équipement de pointe tout en soutenant la défense de l’Ukraine contre l’invasion illégale de la Russie. Il a souligné le potentiel de la défense en tant que moteur de la croissance économique, en accord avec le « Plan for Change » du Royaume-Uni.
Cette annonce fait suite à un incident récent au cours duquel des drones russes présumés ont violé l’espace aérien polonais lors d’attaques nocturnes contre l’Ukraine. Les forces polonaises et de l’OTAN ont réussi à intercepter ces drones, ce qui constitue le premier cas connu de tir d’un pays de l’OTAN pendant la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Cette escalade a suscité des inquiétudes quant à l’élargissement potentiel du conflit.
L’OTAN renforce ses défenses
En réponse à cet incident, Healey s’est entretenu avec des responsables de la défense de Pologne, d’Italie, de France et d’Allemagne, condamnant l’incursion « imprudente » de la Russie dans l’espace aérien polonais. Il a demandé aux forces armées britanniques d’étudier les possibilités de renforcer les défenses aériennes de l’OTAN au-dessus de la Pologne.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a qualifié l’incursion des drones comme étant la plus proche de l’Europe d’un conflit ouvert depuis la Seconde Guerre mondiale, tout en assurant qu’il n’y a pas de menace de guerre dans l’immédiat. La Pologne a officiellement demandé l’invocation de l’article 4 de l’OTAN, qui permet aux États membres de se consulter sur les questions de sécurité.
La Russie a nié toute responsabilité dans l’incident, affirmant que ses drones visaient l’ouest de l’Ukraine et n’avaient pas l’intention de pénétrer dans l’espace aérien polonais. La Pologne a signalé la détection de 19 objets aériens, dont beaucoup provenaient du Belarus, qui ont pénétré dans son espace aérien.
Tensions
Le plus haut diplomate de l’UE, Kaja Kallas, a mis en garde contre « l’escalade de la guerre menée par la Russie » et a exhorté l’Union à accroître la pression sur Moscou tout en investissant dans les capacités de défense de l’Europe. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a rejeté les accusations contre la Russie comme des faits quotidiens, souvent dépourvus de toute preuve à l’appui.