Juste avant le début des Mondiaux, le volleyeur s’est confié dans un podcast. Entre anecdotes croustillantes et histoires touchantes, l’ancien «enfant terrible» retrace sa carrière sans le moindre détour.
Avant le premier match des Bleus, ce dimanche (12h), face à la Corée du Sud, la star de l’équipe de France de volleyball Earvin Ngapeth s’est confiée dans le nouveau podcast de la Fédération hexagonale intitulé Ensemble. Le double champion olympique à Tokyo (2021) et Paris (2024) est revenu sur son ancien statut «d’enfant terrible» et espère maintenant ramener la dernière médaille qu’il lui manque lors des Championnats du monde aux Philippines (12 au 28 septembre).
«À mes débuts en Bleus, j’avais les crocs, peut-être un peu trop», se souvient-il. «Je me disais que j’étais le meilleur joueur. Au début, la transition avec les anciens était compliquée. J’arrive en tant que rookie (19 ans) et on vient de tout gagner avec les équipes jeunes. On arrive, pas hautains, mais avec la certitude qu’on va pousser les vieux vers la sortie. J’étais une tête brûlée quand je suis arrivé, l’enfant terrible. On a tellement mis ça en avant… C’est devenu une source de motivation. Ça me faisait chier que des gens me voient comme un gars mal éduqué, surtout par rapport à ma mère qui était touchée par ça. Je voulais enlever cette image, mais à chaque interview il n’y avait que des questions sur ça. Pendant trois ans, quand je jouais en Russie , je n’ai pas parlé aux médias… J’avais peur, mais après ça a changé. J’ai réussi à nettoyer cette image-là, je pense à travers l’équipe de France. Aujourd’hui, j’ai une image de petit ange (rires) !»
Earvin Ngapeth évolue au poste de réceptionnneur-attaquant.
Newspix / Icon Sport
Et de poursuivre : «Ce qui me rend le plus fier ? Les deux médailles d’or olympique. À Paris, on était en mission. Nous avons croisé Lebron James, Stephen Curry, mais je ne suis même pas sûr qu’un mec de l’équipe aurait attendu pour faire sa photo. On voulait rester concentrés et éviter d’être dispersés comme on l’avait été à Rio (2016). Pour moi, l’émotion est venue après notre victoire en demi-finale (3-0 contre l’Italie). Je revenais d’une blessure (au mollet) avant la compétition et ce succès nous assurait une médaille… Mais on a bien fêté le titre aussi. Nous sommes arrivés au self, à minuit, et on n’en avait plus rien à foutre. On était une trentaine à foutre le boxon dans le village olympique et personne n’osait rien nous dire à part les filles du hand car elles jouaient une finale le lendemain (défaite contre la Norvège).»
Les Bleus ont écrasé la Pologne (3-0) en finale des JO 2024 à Paris.
Abaca / Icon Sport
Quant à savoir quel objectif Ngapeth nourrit sur ces Championnats du monde aux Philippines, la star des Bleus, aujourd’hui âgée de 34 ans, se veut clair : «C’est un rendez-vous pour aller chercher cette médaille qui nous manque tant (la France n’a jamais remporté les Mondiaux), car pour certains ça sera la dernière compétition. Sur le papier on n’est pas les plus forts, mais on compense ce déficit par notre cohésion d’équipe. C’est l’occasion de finir le jeu, en tout cas on aura marqué une grande page du volley français».
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