« La prochaine fois que vous essayez de prendre la parole, je vous fais sortir! C’est compris?! » En plein conseil municipal, jeudi 10 avril 2025, Joseph Segura rappelle à l’ordre un membre du public.
Assistance citoyenne qui n’a pas le droit d’intervenir au cours des débats entre élus. Conscient de cette règle, Laurent Guibert ne proteste pas et se rassoit. « Je voulais simplement faire signe au maire pour que l’on se parle après », se justifie l’ancien banquier d’affaires, devenu entrepreneur.
En marge de la réunion, il regrette « le discours dithyrambique » prononcé par l’édile lors d’une délibération sur la vente d’un terrain municipal sur lequel l’école est attendue d’ici septembre 2028, selon Vatel.
« Il devrait faire preuve de prudence à l’égard de Vatel. Son arrivée à de quoi poser question. Des professeurs de cette école ont été accusés et sanctionnés pour des comportements inacceptables: méthodes d’enseignement brutales, insultes, propos homophobes, harcèlement sexuel et moral. » De graves accusations qui ont été rapportées au campus parisien, où toute une promotion d’élèves s’est mise en grève durant plus d’un mois, au printemps 2023, sans pour autant faire l’objet de poursuites.
De graves accusations pèsent sur le groupe
Par ailleurs, comme le rappelle Laurent Guibert, « le groupe est identifié pour avoir construit son succès sur le travail bénévole de ses étudiants dans des entreprises du secteur de la restauration et de l’hôtellerie. »
Des révélations portées, en 2020, par Mediacités, journal en ligne d’investigation. Article dans lequel était aussi évoquée une tribune, adressée à Alain Sebban, fondateur de l’école Vatel, et signée par 141 étudiants. Ces derniers pointaient plusieurs dysfonctionnements au sein de l’établissement, dénonçant notamment un « mépris » et un « manque de respect » de la part du « personnel encadrant ». Le groupe Vatel n’a pas donné suite à nos sollicitations sur ce sujet.
La Ville assure avoir demandé « des garanties »
« Je n’ai aucune relation avec le Groupe Vatel et je ne suis pas magistrat, embraye Laurent Guibert, mais j’aurais apprécié que Joseph Segura fasse signer à cette entreprise un engagement. Il viserait à protéger les élèves d’attitudes susceptibles de porter atteinte à l’intégrité physique et morale de jeunes gens. » Une proposition soutenue par Patrick Villardry, conseiller municipal d’opposition, qui a fait parvenir un courrier en ce sens à la mairie et au tribunal administratif de Nice. Une pétition a aussi été lancée.
De son côté, la municipalité laurentine assure avoir demandé « des garanties » à Vatel, précisant qu’une « charte est désormais signée entre les étudiants, les professeurs et les collaborateurs de l’école. Un système de signalement interne a aussi été mis en place. »