Par

Julian Doubax

Publié le

21 sept. 2025 à 7h32

« On nous a vendues du neuf mais avec les problèmes d’une maison de 50 ans », peste une habitante. Livrée en 2022, une résidence du nouveau quartier Belvédère sur la rive droite de Bordeaux n’enchante pas ses locataires. Depuis leur aménagement, ils se plaignent de nombreuses malfaçons qui n’ont toujours pas été réglées. Malgré plusieurs signalements, Mésolia, leur bailleur social reste de marbre. Face à cette inaction, des procédures judiciaires sont enclenchées et les résidents n’ont qu’un souhait : partir d’ici.

Un bruit infernal

Au moment de lister les divers problèmes qui touchent la résidence de la rue de Cénac, les habitants sont unanimes sur un cas : le bruit incessant lié à un problème de chaudière. « Quand on règle la pression d’eau, la chaudière siffle et cela s’entend du premier jusqu’au septième étage », explique Julien, un locataire. Et cela dure depuis… la livraison de la résidence. « C’est un bruit strident, un sifflement », précise Kelly, jeune locataire. Lassés par le silence du bailleur social, certains ont usé de leurs qualités manuelles. « J’ai dû tout régler moi-même et j’ai vu que le matériel était de la matière de premier prix », rapporte Fernando qui réside au dernier étage.

Mais les complications ne s’arrêtent pas là. Les habitants ont également été touchés par plusieurs dégâts des eaux qui ont laissé des traces. Infiltrations d’eau, moisissures causées par l’humidité, peintures craquées, dalles qui se cassent… Une accumulation qui pèse lourd sur le quotidien des résidents. « Sans compter le local poubelle », indique Christine. « Cet été, la porte ne se fermait pas et les déchets étaient entassés car personne ne passait les récupérer. Avec la chaleur, les odeurs étaient fortes et on retrouvait des asticots. » Ajouté à cela, des squatteurs qui ont fait « leurs petits et gros besoins dans la cage d’escalier » ces derniers temps.

Le cas d’un couple de locataires

Ibtissem et son mari ne sont pas épargnés par cette situation. Installé depuis plus de trois ans, le couple ne profite pas pleinement de son logement. Dès janvier 2023, il avait été touché par des infiltrations d’eau. « Il pleut carrément chez moi », explique la mère de famille. À côté d’elle, son mari montre des vidéos où le parquet est fortement imbibé, avec des gouttes d’eau qui tombent du plafond.

Le couple a alors alerté le bailleur pour faire des travaux mais la situation s’est aggravée. « Une société a été missionnée après deux ans d’attente mais elle est intervenue au mauvais endroit. » Résultat : un trou au plafond et un autre dans le mur d’une chambre du logement, toujours ouverts à ce jour. Depuis, la moisissure s’est accumulée dans cette pièce, la rendant inutilisable. « Il n’est pas possible de rester avec cette odeur. Pour les murs, on a dû les reboucher nous-mêmes pour empêcher des rats de venir. »

Un système D qui ne peut plus durer pour ce couple. « On a condamné cette chambre à cause de ce problème. Depuis, Mes trois enfants dorment dans la même pièce. Ma fille, qui vient de rentrer en CP, n’a pas de bureau et dort sur un matelas à même le sol », peste Ibtissem. Même le balcon est inaccessible. Toutes les affaires touchées par les dégâts des eaux sont stockées dessus.

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La réponse du bailleur

Face à une situation qui ne se débloque pas, des procédures judiciaires sont engagées par certains locataires. Un couple, qui préfère rester anonyme, admet avoir déposé plainte. Après seulement trois années dans le quartier Belvédère, ces résidents veulent déjà déménager. Pour Ibtissem et son mari, ils se sont rapprochés de leur avocat pour consigner le loyer.

Contacté par actu Bordeaux, Mesolia, le bailleur social n’a pas donné suite à nos sollicitations malgré nos relances et une date limite fixée à jeudi 18 septembre en fin d’après-midi. 

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