Anouk Grinberg
est plus que mobilisé dans la lutte
contre les violences sexistes et sexuelles
. Présente au
procès de
Gérard Depardieu
pour soutenir le victimes présumés et
Charlotte Arnoux, elle s’est faite sortir de la salle après avoir
lâché un cri de stupéfaction. Cela n’a pas entaché sa combativité.
À l’aube de la parution de son livre Respect, aux éditions
Julliard, le 3 avril en librairie, l’actrice de 62 ans
continue de faire entendre sa voix.

Récemment, elle a accordé une longue interview au journel Le
nouvel Obs. Elle a notamment parlé des abus infligés sur sa
personne par
Bertrand Blier
, père de son fils et dont elle a partagé la vie
pendant dix ans. « Il agissait en propriétaire de moi,
il projetait constamment sur moi des fantasmes que j’étais
censée incarner à l’écran.
J’étais encerclée par son
regard, à la merci de ses délires de metteur en scène. Mais pour le
dernier film que j’ai fait avec lui, Mon
homme, il a dépassé toutes les limites », a-t-elle
décrit.

Anouk Grinberg dénonce cette scène « où Charlotte Gainsbourg
est assise sur les genoux d’un horrible monsieur »

Anouk Grinberg sait qu’elle n’est malheureusement pas la
seule à avoir subi des violences sexuelles de la part de
différentes réalisateurs.
Toujours dans Le nouvel
Obs, elle a notamment raconté une scène immonde qui ne
quittera jamais son esprit. Celle-ci concerne Charlotte
Gainsbourg
. « De même dans Merci la vie, il y
a cette scène où Charlotte Gainsbourg est assise sur les
genoux d’un horrible monsieur
qui se vante de lécher les
‘minous’ des enfants », se remémore-t-elle.

Comme elle le regrette aujourd’hui, elle l’époque, elle
n’avait pas conscience de la portée ultra problématique de ce genre
de scènes.
« Blier n’a évidemment pas fait cette scène
pour dénoncer quoi que ce soit. Mais moi, en ce temps-là, je ne
m’en rendais pas compte », a-t-elle déploré.

« J’ai halluciné »

Cependant, maintenant, elle en est certaine. Les films utilisés
pour masquer les tendances pédophiles des réalisateurs sont
« irregardables de violence envers les
femmes »
.

« Il n’y a pas longtemps, j’ai vu Beau-Père. J’ai
halluciné : on voit la jeune fille faire un devoir pour l’école
assise dans le fauteuil d’’Emmanuelle’. Blier a voulu faire
croire au monde que cette enfant
avait poussé son
beau-père à coucher avec elle. Mais c’est sa projection à lui,
c’est le discours commun des hommes qui abusent des
enfants
; ils se racontent que les enfants veulent
ça », a-t-elle analysé, dépitée.