Il y a quelques jours, un (énième) vlog posté par le streamer Anyme racontait les coulisses du GP Explorer et explosait les compteurs de vues sur YouTube (1,7 million à ce jour). Il faut dire que l’épisode est très attendu… Non seulement parce qu’il réunit en un seul événement sportif certains des plus grands noms du divertissement, mais aussi et surtout parce que cette édition sera la dernière. Du 3 au 5 octobre se tiendra, sur le mythique circuit Bugatti du Mans, la troisième compétition du GP Explorer organisée par Squeezie et ses équipes. Pour finir en beauté, le youtubeur roi d’Internet a vu les choses en grand.

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Pour Baptiste Brossillon, doctorant à l’université Paris-Saclay et spécialiste des liens entre sport et divertissement, cette édition, diffusée à la télévision pour la première fois – sur France 2 – et qui rassemblera jusqu’à 80 000 personnes sur place samedi et dimanche (40 000 vendredi), dépassera forcément « la barre des 2 millions de téléspectateurs ». À titre comparatif, le pic de la deuxième se situait autour de 1,3 million.

Preuve que la compétition possède une dynamique forte. L’un de ses symboles : la transformation du GP en festival. Mise en place d’un système cashless pour remplacer l’argent liquide, tyrolienne, karting et buggy, simulateur, grande roue… Si la deuxième édition avait déjà été agrémentée de zones de jeux d’arcade, d’un escape game ou encore d’une mini-fête foraine, Squeezie voit les choses en (encore) plus grand. En témoigne, aussi, l’accent mis sur la scène musicale.

Un véritable show musical

Après Hamza et PLK lors de la précédente course, de très nombreux artistes de renom rythmeront les trois jours de l’événement, en faisant un véritable show. Theodora, SDM, SCH, Vald, Vladimir Cauchemar, Tiakola ou encore Gazo : « Les artistes associés à cette troisième édition bénéficient actuellement d’une grosse dynamique. Là aussi, ça a été réfléchi : le GP Explorer est avant tout un produit de divertissement, la construction et l’enrichissement de cette dimension musicale sont logiques », souligne le chercheur.

La troisième édition du GP Explorer débutera le vendredi avec la présentation des 12 équipages de deux pilotes, qui auront été formés au préalable par la Fédération française des sports automobiles. S’ensuivront des concerts pendant une partie de la soirée. Le samedi matin débutera par les essais libres, avant les qualifications sprint, une course sprint de huit tours et des concerts. La dernière journée commencera elle aussi par les essais libres avant les qualifications, la grande course en 15 tours, le podium, et la rencontre avec les spectateurs (envahissement de la piste).

L’ajout d’une toute nouvelle course sprint témoigne de l’accent mis sur l’enjeu sportif. Pour Baptiste Brossillon, « une compétition est intéressante quand il y a de l’intensité compétitive. D’ailleurs, cette année, la course se fera sans plusieurs coureurs considérés plus forts que d’autres, notamment Depielo, Sylvain Levy, Étienne Moustache ou Pierre Chabrier ».

Pour autant, l’intérêt principal reste de plaire et de distraire. D’après le chercheur, « on est dans un divertissement sportif : c’est avant tout un divertissement, mais avec un ressort sportif… » La ligne entre les deux est évidemment poreuse : « Si l’événement n’impliquait pas des influenceurs, mais des anonymes du même niveau, il ne rencontrerait pas un tel succès. »

« L’un des enjeux est de toucher un public large »

Qui plus est, cette troisième édition a aussi pour but de toucher un public plus large. Déjà, en étant pour la première fois diffusée sur petit écran en direct, après deux éditions retransmises en ligne. Une évolution qui n’étonne pas Baptiste Brossillon. Pour le chercheur, « l’un des nouveaux enjeux est de toucher un public plus large, il y a un changement de dimension, de sortie de la sphère d’Internet ». Et « passer par France Télévisions va conférer au GP une excellente image et une nouvelle forme de légitimité ».

Ce n’est pas tout : un autre enjeu du GP Explorer est d’internationaliser son public – peut-être en vue d’une déclinaison dans des versions étrangères de l’événement ? Une volonté que Baptiste Brossillon perçoit surtout à travers « le choix des personnalités invitées cette année ». Pour lui, « Léa Elui est emblématique de cela : c’est une Française presque plus connue à l’international qu’en France, qui va amener une communauté très différente que celle d’un Depielo ou d’un Sylvain Levy ».

Le tout, en poussant encore plus loin le storytelling que Squeezie et son équipe avaient construit dès le départ, qui consistait à raconter « qu’ils avaient créé une compétition d’Internet présentée comme impossible à mettre sur pied ». Pour ce faire, en plus de nommer la course « The Last Race », ils ont introduit la télévision comme une nouveauté inédite : « Je pense que la télévision aurait pu être là depuis la première édition, mais ils ont dû la refuser dans un premier temps, pour mieux construire leur storytelling. »

Un récit qui bénéficie également de l’intérêt croissant pour la course automobile. « C’est une relation de double influence. On est dans un contexte de renouvellement d’intérêt pour le sport automobile – c’est d’ailleurs sûrement pour cela que le choix de Squeezie s’est porté sur la F4 en premier lieu –, et le GP, d’un autre côté, participe à redonner de l’intérêt à la course automobile », pour Baptiste Brossillon.

Le chercheur le rappelle : « Ce qui était intéressant pour la F1 était de transformer le produit sportif en spectacle, avec l’opportunité de toucher des communautés plus jeunes. Lorsqu’elle a racheté la Formule 1, la société Liberty Media a mis l’accent sur une plus grande proximité avec des entreprises de communication pour renouveler son image de marque, qui était vieillissante, et se rapprocher du divertissement. » Autre témoin de cette volonté, dans un autre registre : la série Formula 1 – Drive to Survive sur Netflix.

Harcèlement sexiste

Le GP Explorer parvient également à naviguer entre les différentes polémiques, notamment sexistes, qui le frappent, sans être trop égratigné. Le « véritable choix » de féminisation de la compétition dès le second GP (d’abord deux, les coureuses sont passées à six), pérennisé pour cette troisième et dernière édition, aide probablement.

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Pourtant, l’année dernière, l’influenceuse Manon Lanza avait subi une vague de harcèlement sexiste, étant incriminée après avoir été blessée lors d’un accident de course avec Maxime Biaggi. Cette année, à l’annonce de sa participation à la troisième compétition, c’est la star des réseaux sociaux Léa Elui qui en a été victime. Le sexisme vécu par les créatrices de contenus en temps normal est exacerbé dans ce contexte, où leur légitimité à participer aux courses est remise en question.

Qui plus est, Léa Elui pâtit aussi, d’après Baptiste Brossillon, « de l’évolution conjoncturelle de l’orientation du projet, qu’elle incarne d’ailleurs très bien en étant très internationale » : pour le chercheur, elle « arrive dans le circuit dans une dynamique d’internationalisation pas forcément très bien reçue côté français, et elle pâtit de l’évolution du GP, puisqu’elle incarne une nouvelle vision perçue comme plus économique et plus internationale, où le storytelling de base de Squeezie prend un peu moins, où le public se rend compte que c’est un événement à très gros budget – ce qui se reflète dans le prix, par exemple, qui a augmenté. »

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