Par

Cédric Nithard

Publié le

28 sept. 2025 à 17h31

Le torchon brûle chez les Écologistes à Montpellier. Ou plutôt entre les élus de la majorité municipale, suspendus temporairement des Verts, et désormais les instances du parti avec en premier lieu sa secrétaire nationale. Justement présente durant deux jours dans l’Hérault pour les premières rencontres nationales des écologistes et des quartiers populaires, Marine Tondelier en a profité pour clarifier la situation et apporter un soutien plein et entier à Jean-Louis Roumégas pour les municipales. Quant aux suspendus, il n’y a pas de raison d’en parler selon elle. De quoi mettre en colère Manu Reynaud qui adresse une lettre ouverte particulièrement virulente à Marine Tondelier intitulée « Pourquoi choisir Montpellier, capitale écologiste de l’entrisme communautaire ? ». Où comment signer son exclusion définitive…

« Quel fiasco ! »

« Chère Marine, Qu’es-tu venue faire dans le marigot des adhésions de complaisance montpelliéraines d’Europe Écologie-Les Verts ? Quel gage es-tu venue donner à un candidat, investi depuis plus de 25 ans grâce à des adhérent·es de complaisance qui alimentent tous les deux ou trois ans les congrès nationaux ? Quelle ironie, quand même ! Adouber Jean-Louis Roumégas, qui ne doit toutes ses investitures qu’à un entrisme communautaire affiché et documenté par le parti lui-même depuis plus de 25 ans » attaque Manu Reynaud.

Quant à l’événement du week-end, l’élue montpelliérain note avec une pointe d’aigreur : « Il n’y avait pas plus de 80 personnes ce samedi à Montpellier pour ce forum national des quartiers populaires, et moins de 60 dimanche, en comptant plusieurs dizaines d’élu·es et de collaborateur·ices écolos ainsi que des représentant·es d’associations d’un réseau national. Il y a pourtant eu des affiches dans toute la ville, et les Verts revendiquent plus de 500 adhérent·es à Montpellier. Quel fiasco ! Quelle organisation locale défaillante ! ».

« des adhésions de complaisance communautaires »

Manu Reynaud enchaîne ensuite sur un autre terrain ; beaucoup plus glissant. « Montpellier est connue, chez les écologistes, pour collectionner des centaines d’adhésions de complaisance communautaires à un euro, où des familles entières adhèrent et viennent voter à la veille des investitures ou des congrès nationaux. Les Verts de Montpellier sont gangrénés par un entrisme communautaire depuis plus de 25 ans : un entrisme qui ne se cache même plus. Adhérer à un euro et, c’est la promesse, vous aurez des élu·es, de préférence masculins. En réalité, cette greffe sous couvert de fausses cartes n’a jamais pris, car elle est principalement basée sur un entrisme communautaire qui cherche une représentation coûte que coûte et se travestit par de pseudo-discours écologistes » révèle-t-il en ayant lui-même occupé des responsabilités au sein du groupe local pendant plusieurs années.

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« Jusqu’à ce jour, aucune greffe n’a pris à Montpellier. Tous les protagonistes successifs de ces stratégies d’entrisme communautaire – Olivier Taoumi, Mustapha Majdoul et Maffoud Benali – ont révélé la vraie nature de leur investissement : se faire élire à tout prix, sans aucun égard pour l’écologie in fine. Certains d’entre eux ont fini  loin de la gauche, au point de rejoindre pour l’un d’entre eux le Rassemblement National » ajoute Manu Reynaud qui complète : « La greffe n’a jamais pris, parce qu’à Montpellier, elle n’était pas sincère. Et elle ne l’est toujours pas pour les porteurs de cartes actuels. Le groupe local est même l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire ! ».

« Il faut l’union de la gauche et des écologistes »

Et si le groupe des élus, suspendus des Verts pour continuer une démarche de rapprochement avec Michaël Delafosse au sein des Écologistes pour Montpellier contrairement à la stratégie adoptée par le groupe local, avait espoir de pouvoir échanger avec Marine Tondelier, ce ne fut pas le cas. « Nous aurions pourtant été ravi·es de te faire rencontrer les acteurs et actrices de terrain, les politiques publiques qui sont menées et dont nous sommes fier·es localement. Ces politiques sont reconnues nationalement et changent la vie des gens » regrette fortement Manu Reynaud en interrogeant : « Pourquoi venir à Montpellier sans rencontrer le maire ni les élu·es écologistes en responsabilité, qui auraient pu échanger avec toi sur les politiques menées à Montpellier ? Si la gauche et les écologistes doivent travailler ensemble pour gagner la présidentielle de 2027, pourquoi ne pas commencer dans les villes de gauche et écologistes ? ».

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Ce dernier aurait ainsi aimé défendre le bilan au sein de l’exécutif. « À Montpellier, l’immense majorité du contrat passé devant les électeurs en 2020, dans le cadre d’une majorité de gauche et écologiste, a été remplie. Les Montpelliérain·es le savent bien et le constatent tous les jours dans l’espace public, dans leur pouvoir d’achat, dans leur façon de se déplacer » argumente-t-il en se projetant sur les échéances à venir : « Il faut l’union de la gauche et des écologistes pour la présidentielle : nous sommes d’accord, et tu le portes et le démontres tous les jours. Mais il faut aussi le porter et le démontrer pour les élections municipales.  C’est ce que les Français·es attendent, et ici, à Montpellier, c’est ce que les Montpelliérain·es souhaitent ».

« président du seul groupe d’élu-es écologiste dans une majorité municipale de toute l’Occitanie »

Malgré les sanctions et d’être désormais à la marge du parti, Manu Reynaud n’en démord pas. « S’il faut garder le drapeau de l’écologie, nous continuerons à le porter à Montpellier. Nous n’abandonnerons pas le combat. Je ne doute pas que des citoyen·nes réellement engagé·es sauront reconstruire un mouvement écologiste sincère, unitaire et respectueux de la diversité et de l’égalité femmes-hommes. C’est ce que nous avons commencé avec Écologistes pour Montpellier devant la défaillance du groupe local » lance-t-il.

Et d’adresser un dernier message à Marine Tondelier tel un amoureux éconduit pour la énième fois et gardant tout espoir : « Le dépôt des listes est possible jusqu’au 26 février : nous avons cinq mois pour tenter de rassembler la gauche et les écologistes sur un projet à Montpellier. Tu peux compter sur les Écologistes pour Montpellier pour s’y employer avec détermination ». En signant : « Manu Reynaud, président du seul groupe d’élu-es écologiste dans une majorité municipale de toute l’Occitanie ». Une signature comme un post-scriptum conservant le goût de la victoire à une lettre qui risque d’acter pour le groupe son exclusion définitive des Verts en étant bien déterminé à se ranger derrière Michaël Delafosse. Quitte à aller contre son propre parti.

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