L’ardoise de 34 millions (sans compter les intérêts moratoires) laissée par le Groupement d’intérêt public (GIP) en charge de l’organisation du Grand Prix de F1 du Castellet à l’été 2022, aujourd’hui en liquidation judiciaire, n’est toujours pas totalement réglée (lire nos précédentes éditions). La question de la ventilation de la dette fournisseurs entre les différents partenaires, dont plusieurs collectivités varoises, est toujours au cœur de ce micmac politico-financier.
Mais les choses bougent. Du côté de la communauté d’agglomération Sud Sainte Baume (CASSB), en tout cas, la tempête semble s’éloigner, à en croire le président Jean-Paul Joseph, ce lundi en séance communautaire.
Un combat entamé en mai dernier
Rappelons qu’en mai dernier, celui qui venait de remplacer Blandine Monier à la tête de la CASSB avait publiquement dénoncé la somme demandée à l’agglo ouest-varoise comptant neuf communes : 750 000 euros, contre « seulement » 480 000 euros exigés à la Métropole TMP et au Département (1) : « Je ne peux que constater une hostilité envers Sud Sainte Baume et je trouve absolument inadmissibles les pressions qui s’exercent sur moi pour contraindre la petite communauté d’agglomération, coincée entre Marseille et Toulon, à payer pour les gros, avait alors déclaré Jean-Paul Joseph lors d’une conférence de presse retentissante. Je n’ai pas peur des mots, ce sont des méthodes de voyous, avait-il tancé. J’ignore les motifs précis de cette attitude belliqueuse envers les “petits”… Sans doute de mauvaises habitudes prises au fil du temps. »
Rembobinons encore. Quelques semaines plus tôt, le 31 mars 2025, le conseil communautaire avait voté à l’unanimité le versement d’une première avance de 72 000 euros « correspondant exactement aux 2,20 % de notre part à due proportion », a persisté le président, lundi, dans une déclaration faite, a-t-il dit, « pour rappeler quelques éléments clés de ce dossier, mais en insistant aussi sur les points positifs, avec un but clairement affiché, à savoir reprendre des relations de confiance avec le Département et la Région » ; et ce, juste avant de voter un deuxième versement de près de 278 000 euros.
Mais, fin avril, il « apprenait avec étonnement l’intention du liquidateur de saisir le préfet pour nous contraindre à verser les 750 000 euros, et le tribunal administratif pour faire annuler la délibération de la CASSB et le versement des 72 000 euros », a retracé l’élu.
Avec la « compréhension » du préfet
« Le 22 mai, soit quinze jours plus tard, a-t-il poursuivi, coup de théâtre : lors d’une réunion avec les DGS, le liquidateur annonce ce que je réclame depuis le début, à savoir qu’il va demander un deuxième acompte à due proportion pour les partisans, à savoir 213 159 euros à la CASSB et 1 432 936 euros à TPM et au Département ! La répartition est respectée, l’équité aussi, Je ne peux que me réjouir d’avoir enfin été entendu ».
Au total, 1 867 725 devraient donc être dus par la Métropole et le Département, et 277 854 euros par la CASSB.
Le président Joseph a aussi confié qu’avant son départ, le préfet Philippe Mahé lui avait indiqué « qu’en parfait accord avec le préfet de région, il était hors de question qu’il nous oblige à payer 750 000 euros et que le principe d’équité devait être respecté ».
Reste à savoir si le recours contre la première délibération sera retiré et la saisine du tribunal administratif stoppée. Ce qui ferait office de quitus dans le volet de ce dossier complexe…
« Merci Mme Samat et M. Bayle »
En attendant, soucieux de « ne pas remettre de l’huile sur le feu », puisque, veut-il croire, « le principe d’équité a désormais été compris par tous », Jean-Paul Joseph a profité de cette nouvelle délibération (là encore votée à l’unanimité) pour remercier Andrée Samat (avec laquelle il a pu avoir quelques frictions sur ce sujet, selon nos informations). Pour son « attitude positive » : lors d’une récente intervention en conseil d’administration du GIP, dans lequel siège la conseillère départementale et métropolitaine (par ailleurs adjointe au maire de Saint-Cyr), « Madame Samat a pris la parole pour demander au liquidateur de préciser s’il entendait arrêter la saisine du tribunal administratif, compte tenu de la nouvelle participation de la CASSB à l’avance. »
Enfin : « Je remercie également Marc Bayle (élu d’opposition à Bandol et conseiller communautaire), que j’avais sollicité sur le sujet, en tant qu’avocat et ancien préfet. Il m’avait encouragé à tenir bon et à saisir éventuellement le préfet de région », a conclu Jean-Paul Joseph.
1. La somme de 750 000 euros correspondait en fait à la totalité de la dette de Sud Sainte Baume, que Blandine Monier avait proposé de payer en une seule fois, alors qu’elle ignorait que le Département du Var proposerait un premier acompte de 70 000 euros pour Sud Sainte Baume et 480 000 euros pour le Département et la Métropole.