Par

Mathias Souteyrat

Publié le

3 oct. 2025 à 6h02

Si la période pré-électorale contraint les municipalités à mettre en pause les gros projets, cela n’empêche pas les maires de poser les premiers jalons de leur programme pour les élections municipales 2026.
Pour la fin de son second mandat, Eric Berlivet, l’édile de Roche-la-Molière (Loire), commune de 10 000 habitants, à côté de Saint-Etienne, souhaite armer sa police municipale. Il nous explique pourquoi.

6 à 8 policiers municipaux et 4 ASVP

Selon lui, « après la rénovation et le désendettement, place à la sécurisation de la commune ».

La mairie possède actuellement deux policiers municipaux. Trop peu pour lui. En 2026, le maire souhaite embaucher des agents et avoir des équipements supplémentaires, dont des armes létales.

À terme, Eric Berlivet souhaite recruter six à huit policiers municipaux et quatre ASVP (Agent de surveillance de la voie publique) « pour avoir la bonne densité pour travailler ».

« Je n’ai pas envie que ça (la délinquance) glisse sur la commune »

Pourquoi maintenant ? « Car nous n’avions pas les moyens avant », glisse l’élu.

Il n’y a pas de question concernant l’armement. Je vois l’obligation d’armer la police avec une arme létale, le contrevenant et la personne malveillante ne font pas la différence entre la police nationale et municipale. Je n’ai pas envie que ça (la délinquance) glisse sur la commune, et anticiper les défiances des populations.

Eric Berlivet
Maire de Roche-la-Molière

Les locaux de la police municipale sont en cours d’aménagement avec la création notamment d’une salle sécurisée pour pouvoir accueillir des agents armés. Viendra ensuite le temps du recrutement et de la formation.

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Le maire, s’il est réélu, espère « que tout sera opérationnel avant l’été 2026 ».

L’opposition contre

La mesure ne fait pas que des heureux. « Lundi soir, lors du conseil municipal, ma collègue de l’opposition socialiste – que je respecte et estime – s’est exprimée, à l’occasion d’une délibération relative à une demande de subvention pour les équipements de la police municipale. Elle a pris position contre l’armement létal de la police, en déclarant : « Armer la police, c’est armer les délinquants ». Cette phrase m’a profondément choqué. »

Face à ces oppositions, le maire parle « d’une méconnaissance du terrain. La police municipale gère la tranquillité publique, comme les conflits intra-familiaux, la sécurité routière ou la petite délinquance. La police nationale est là pour la sécurité. »

Un budget conséquent

Combien ça coute ? Un policier « coûte » 50 000 euros par an ; un ASVP 30 000 € ; 35 000 € pour un véhicule, 5/4 000 € pour un taser et 2 000 € pour une arme létale.

« La prochaine étape sera de garantir, le mieux possible, à chacun la tranquillité et la sécurité, mais chaque chose doit se faire en son temps », tempère l’élu.

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