Samedi, 488 personnes ont été arrêtées pour avoir manifesté en soutien au groupe Palestine Action, classé «terroriste» par le gouvernement, alors que leur maintien a été qualifié de «déshonorant» par la ministre de l’Intérieur.

La police britannique va avoir davantage de pouvoir pour imposer des restrictions à certaines manifestations, a annoncé ce dimanche 5 octobre le gouvernement, en citant en particulier des rassemblements propalestiniens qui suscitent «des craintes importantes» au sein de la communauté juive. Cette annonce intervient trois jours après l’attaque devant une synagogue à Manchester (nord de l’Angleterre), dans laquelle deux personnes ont été tuées et trois grièvement blessées.

Le gouvernement et la police ont ensuite appelé à reporter ou annuler, en solidarité avec la communauté juive, des manifestations propalestiniennes prévues ce week-end. Leur maintien a été qualifié de «déshonorant» par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood. Samedi, 488 personnes ont été arrêtées pour avoir manifesté en soutien au groupe Palestine Action, classé «terroriste» par le gouvernement. Parmi elles se trouvaient de nombreux retraités, des étudiants, un prêtre etc.


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«Protéger le droit de manifester»

Depuis l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 qui a entraîné la guerre à Gaza, des manifestations propalestiniennes ont lieu régulièrement à Londres et dans d’autres villes du Royaume-Uni. «Des manifestations de grande ampleur et répétées peuvent laisser certaines parties de notre pays, en particulier des communautés religieuses, se sentir en insécurité», a déclaré la ministre de l’Intérieur, citée dans un communiqué. Elle a mis avant les «craintes importantes» au sein de la communauté juive.

Les «renforcements de la législation» annoncés dimanche permettent, selon Shabana Mahmood, «de protéger le droit de manifester tout en veillant à ce que chacun se sente en sécurité dans ce pays». Ils permettent à la police d’imposer des «conditions» et des «restrictions» aux manifestations. La police pourra notamment «limiter la durée» du rassemblement.

«Si une manifestation a lieu au même endroit pendant plusieurs semaines consécutives et provoque des troubles répétés, la police aura le pouvoir, par exemple, d’ordonner aux organisateurs de la tenir ailleurs», est-il écrit dans le communiqué du Home Office. En appelant vendredi Palestine Action à annuler son rassemblement, le chef de la police de Londres Mark Roley a rappelé que la police britannique n’avait «pas le pouvoir» d’interdire les manifestations.