Par
Cédric Nithard
Publié le
9 oct. 2025 à 16h45
Peu importe qu’ils aient été suspendus temporairement par leur parti et que la patronne des Verts Marine Tondelier ait donné raison à Jean-Louis Roumégas, Les Écologistes pour Montpellier poursuivent leur chemin dans la campagne des municipales. Après « Grandir dehors », Manu Reynaud et sa bande entonnent leur nouveau refrain : « Marche à l’ombre ».
« c’est maintenant l’heure du piéton »
Vous l’avez tous en tête ? Au cas où : « Toi, tu m’fous les glandes. Pis t’as rien à foutre dans mon monde. Arrache-toi d’là, t’es pas d’ma bande. Casse-toi, tu pues. Et marche à l’ombre ». Que les mauvais esprits n’y voit pas de message. En reprenant le titre de la chanson de Renaud, Les Écologistes pour Montpellier ne s’adressent ni à Marine Tondelier, ni à Jean-Louis Roumégas mais ne veulent pas se montrer discret pour autant. Comme il ne s’agit pas ici de politique, ils entonneraient plutôt en complément « Laisse béton », pas version verlan mais pour illustrer leur volonté de mettre le piéton au frais et le replacer au coeur de la ville
« La marche et la place du piéton doivent être la priorité du prochain mandat. Dans celui qui s’achève, nous avons mis en avant le vélo et le tramway, on pense que c’est maintenant l’heure du piéton. Nous avons fait des choses pour améliorer l’accessibilité mais ces progrès on était fait au fur et à mesure des aménagements. Il faut maintenant inverser les choses en pensant d’abord l’aménagement pour les piétons dans un aménagement plus global ». présente Stéphane Jouault.
Une centaine de rues-jardins
Rendez-vous donné au coeur du quartier Figuerolles pour esquisser leur vision dans une ruelle où les plantes grimpent d’une façade à une autre. Des petits oasis de fraîcheur ayant débuté grâce aux bons de végétalisation mis en place dans la mandature de Philippe Saurel. Si les Écologistes pour Montpellier saluent le succès du dispositif, ils veulent en inverser la démarche pour créer une centaine de rues-jardins dans tous les quartiers de la ville avec des programmes ciblés de végétalisation, de désimperméabilisation, de revêtement des sols…
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Et, au-delà de l’aspect nature, ainsi « créer des zones de convivialité, de lien social, de partage et d’échange. De créer ces espaces au plus près des habitants, on peut imaginer les gens sortir, discuter entre eux, rompre l’isolement… » ambitionne Marie Massart qui ne cache pas l’inspiration espagnole dans cette vision de la ville. Une vision dans laquelle des vignes pourraient être utilisées comme plante grimpante. « Symboliquement, ce serait un clin d’oeil à une activité très caractéristique du territoire en développant de la vigne en ville non pas pour faire du vin mais pour faire de l’ombre. Et pourquoi pas faire des vendanges pour partager les quelques grappes de raisin » complète-t-elle.
Un GR urbain
Tout le monde ayant désormais bien en tête le dérèglement climatique et les fortes chaleurs en été, Stéphane Jouault appuie : « Malgré ces températures et ce climat, il faut que l’on puisse continuer à se déplacer dans de bonnes conditions. Nous avons appelé notre plan « Marche à l’ombre » car nous aurons besoin de rafraîchissement et d’ombrages dans la ville ». Et quand la végétalisation n’est pas permise, le conseiller municipal imagine par ailleurs l’utilisation de voilages et pour certains grands espaces de faire appel à des outils modulaires de façon temporaire comme des pergolas sur la place de la Comédie.
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Un plan complété par l’installation de 300 points d’eau potable en plus de ceux déjà existants, mais également de poursuivre la dynamique de création de petits parcs urbains destinés à en faire des « points de fraicheur au coeur des quartiers » en ayant déjà repéré un potentiel de 20 hectares à désimpermabiliser dans le prochain mandat. Des parcs qui par ailleurs en été « ouvriraient le plus tôt possible et fermeraient le plus tard possible ». Les Écologistes pour Montpellier voient plus global en souhaitant créer « un grand réseau de balade fraîcheur qui pourrait relier les différents parcs avec des points refuges sur les parcours ». Ce réseau serait identifié par une signalétique sur un format de GR urbain. Un plan marche qui prévoit par ailleurs l’installation de 500 bancs et de toilettes publiques supplémentaires.
La sécurisation du piéton
Reste un point central dans ce plan « marche à l’ombre » : la sécurisation du piéton. Car si le danger provenait il y encore dix ans des voitures, généralement cantonnées à la route, désormais les vélos et les trottinettes ont envahi les espaces piétons. « Quand on détermine un usage pour un certain type d’espace, il y a des endroits où c’est problématique. À certains endroits, la priorité doit être clairement affirmée, quitte à faire un sorte qu’un certain nombre n’y passe pas. Et il ne faut pas s’interdire de verbaliser quand quelque chose contrevient à la règle commune » explique Manu Reynaud qui poursuit : « L’Écusson est par exemple un espace sur lequel il faut travailler activement pour redéfinir le périmètre. Pour régler un conflit d’usage il faut que les choses soient très claires en termes de pédagogie d’un côté et de règles appliquées de l’autre ».
Ayant dans sa délégation de la Ville apaisée les dossiers du plan de circulation, de la mise en œuvre du Schéma des Mobilités Actives (SDMA), du projet de « Ville 30 km/h » et justement du Plan marchable, Manu Reynaud rappelle les 25 gros points noirs de discontinuité cyclable mis en avant par le baromètre Vélocité. « On pourrait faire exactement une même carte des points de difficultés et d’usage pour les piétons et se dire que l’on pourrait en régler certains très rapidement ». Sans vouloir minimiser les accidents, Manu Reynaud relativise : « C’est bien d’avoir ces débats car ils sont super simples. C’est quand même beaucoup mieux d’avoir des conflits d’usage entre piétons, vélos et trottinettes, qu’entre piétons et voitures. On vient de très loin, de morts sur la route… ».
« Nos idées sont en licence libre »
Après « Grandir dehors » et « Marche à l’ombre », Les Écologistes pour Montpellier vont continuer dans les mois à venir à dévoiler quelques grandes thématiques de leur programme issues de leurs rencontres « 5 minutes pour Montpellier » avec les habitants qu’ils égrainent jusqu’au 31 décembre sur les réseaux sociaux avec « une idée par jour ».
Si la volonté de travailler le fond dans cette campagne municipale est indéniable, reste à savoir à qui profitera ce programme venant d’un groupe qui n’a pas vocation à présenter une liste propre et clairement affilié à la majorité municipale conduite par Michaël Delafosse. « Nos idées sont en licence libre. Tout le monde peut les prendre » défend Manu Reynaud avec une mise en garde : « Une fois de plus, nous sommes dans l’optique d’un rassemblement de la gauche et des écologistes. Nous, nous arriverons avec la liste des idées et des projets et il faudra nous dire pourquoi on n’est pas ensemble ». Plusieurs chansons de Renaud pourraient illustrer la réponse de certains interlocuteurs…
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