Alors que l’automne s’installe et que chacun tente déjà de composer avec la hausse des prix du quotidien, voilà une nouvelle qui pourrait venir compliquer la gestion des budgets : les banques françaises réajustent leurs grilles tarifaires en 2025, et les cartes de paiement internationales, Visa comme Mastercard, voient leur cotisation grimper. Derrière les apparences d’un simple ajustement, c’est l’occasion de s’interroger : cette année, la fameuse carte bancaire passera-t-elle la barre symbolique des 50 euros ? Plus important encore, comment interpréter ces augmentations annoncées, distinguer ce qui relève du coup de pouce tarifaire ou d’un effet inflation et surtout, s’armer pour éviter d’y laisser trop de plumes ?

Hausse en vue : pourquoi les banques augmentent leurs tarifs cette année

L’automne n’apporte pas que du vent et des feuilles mortes, il souffle aussi sur les tarifs bancaires. En 2025, la facture globale grimpe de près de 3,1 % en moyenne pour l’ensemble des services bancaires. Au cœur de cette inflation, la carte bancaire internationale n’échappe pas à la tendance, avec une hausse spécifique de près de +3 % (environ +2,91 à +2,98 % selon la typologie), confirmée début avril par le panel officiel qui englobe aujourd’hui 103 établissements, traditionnels ou en ligne.

Les raisons invoquées par les établissements bancaires

Une augmentation, certes, mais pour quelles raisons ? Les banques, qu’elles soient historiques ou nouvellement arrivées sur le marché, mettent en avant une accumulation de coûts : renforcement de la sécurité des paiements, lutte anti-fraude, modernisation des systèmes informatiques et mise en conformité réglementaire. À cela s’ajoutent des charges d’exploitation (réseaux de paiement, support technique…) en hausse sensible après plusieurs années plutôt stables.

L’inflation et la répercussion sur les frais des cartes

Le vrai tournant, c’est la répercussion avec retard de l’inflation vécue en France depuis 2022. Si les banques ont joué la modération pendant deux ans, elles rattrapent aujourd’hui ce qu’elles n’avaient pas passé à leurs clients en 2023. En clair : la hausse 2025 ressemble à une addition reportée, mais dont le paiement n’attend pas. Cette dynamique change la donne pour l’ensemble du marché, y compris les banques en ligne et les FinTech désormais comptabilisées dans les comparatifs officiels.

Des cartes bancaires à plus de 50 euros : qui est concerné ?

Le cap des 50 euros est-il désormais la norme, ou s’agit-il d’un plafond réservé à certaines typologies d’offres ? En pratique, l’impact dépend fortement du type de carte et surtout de la politique tarifaire de la banque choisie.

Les titulaires Visa et Mastercard particulièrement touchés

Les cartes de paiement internationales, Visa et Mastercard, visées par la hausse, représentent plus de 90 % du marché français. Chez certains grands réseaux bancaires, la cotisation annuelle pour une carte classique flirte avec ou franchit désormais le seuil des 50 euros (voire jusqu’à 54 euros selon les enseignes après l’ajustement 2025). Les cartes « premium » (Gold, Premier, Infinite…) grimpent bien au-delà, mais sur ce segment, la hausse n’est que la continuation d’une tendance de fond.

À noter :

depuis cette année, 76 banques appliquent exactement le même tarif pour le débit immédiat et différé, alignant ainsi les deux offres sur une même grille.

Quid des offres low-cost et des banques en ligne ?

L’autre bonne nouvelle réside du côté des banques en ligne, de Nickel, Revolut, N26 et consorts : grâce à la diversification de l’offre et à la digitalisation, beaucoup proposent encore des cartes à coût réduit, voire gratuite sous conditions de revenus ou d’utilisation. Attention toutefois : l’inclusion progressive des frais de tenue de compte (+8,95 % en 2025, le poste le plus inflationniste) dans les « packs tout-en-un » vient alourdir le coût global, parfois de façon discrète mais non moins tangible. Le tarif « d’appel » peut donc masquer une facture finale plus salée !

Comment cette augmentation va-t-elle impacter votre porte-monnaie ?

Autant le dire clairement, les quelques euros gagnés ou perdus chaque mois ne frappent pas tous les foyers de la même manière. Au-delà du prix facial de la carte, c’est bien le cumul de l’ensemble des frais bancaires qui détermine la note annuelle.

Les profils de clients les plus affectés

Les plus impactés ? Les clients fidèles aux établissements historiques et détenteurs d’une carte classique ou premium, souvent adeptes du « pack sérénité » regroupant plusieurs services. Ces packs affichent une hausse supérieure à la moyenne car ils cumulent l’augmentation de la carte, celle des frais de tenue de compte et – dans certains cas – des assurances annexes. Les usagers effectuant de nombreux retraits hors du réseau de leur banque devront aussi surveiller la ligne « retraits hors réseau » qui atteint désormais 1 euro dès le 1er retrait payant, après l’épuisement d’un quota de retraits gratuits (en général trois par mois).

Les conséquences sur les usages du quotidien

Quel effet sur la vie de tous les jours ? Pour ceux qui voyagent souvent hors de la zone euro ou utilisent leur carte à l’étranger, les frais de change et commissions diverses pèsent parfois davantage que la cotisation annuelle. À l’inverse, les clients « connectés » (banques en ligne ou néobanques) tirent leur épingle du jeu par la gratuité ou la quasi-gratuité, mais doivent veiller à la gestion des exceptions tarifaires (remplacement de carte, opposition, services premium…). Les clients fragiles bénéficient heureusement toujours d’une offre spécifique plafonnée, avec une cotisation annuelle autour de 12 euros et une protection contre l’escalade des frais d’incidents.

Type de carte
Cotisation annuelle 2024
Cotisation annuelle 2025
Écart moyen
Visa/Mastercard classique 48,60 € 50,00 – 52,80 € +1,40 à +4,20 € Visa Premier/Mastercard Gold 130,00 € 134,00 – 136,50 € +4,00 à +6,50 € Banques en ligne (offre standard) 0 € (sous conditions) 0 – 24 € +0 à +24 € (selon usage)

Y a-t-il des solutions pour éviter la facture salée ?

Face à la montée des tarifs – et en cette période où chaque euro compte avant l’hiver – il serait dommage de rester passif. Plusieurs stratégies peuvent permettre d’atténuer ou d’éviter la hausse… à condition de ne pas hésiter à comparer, demander et, au besoin, prendre le large.

Comparer, négocier ou changer de banque : quelles options ?

Il est possible de négocier directement avec son conseiller, notamment lorsque l’on est titulaire d’un « pack » avec plusieurs produits actifs. Pour ceux dont la fidélité n’est pas gravée dans le marbre, un comparatif annuel des tarifs bancaires est la première étape. De nombreuses banques en ligne proposent encore des offres sans cotisation (sous réserve d’utilisation régulière ou de domiciliation de revenus), ou à prix « cassé », à surveiller de près. Les écarts restent notables, puisqu’on constate en 2025 jusqu’à 4 euros de différence annuelle sur une carte identique d’un établissement à l’autre.

Les astuces pour payer moins cher sa carte en 2025

  • Opter pour une carte à débit immédiat basique si l’on n’a pas besoin d’options haut de gamme
  • Privilégier les services à la carte plutôt que les packs (souvent plus chers)
  • Utiliser sa carte dans les DAB de sa propre banque pour éviter les frais de retraits hors réseau
  • Passer chez une banque en ligne sous conditions si son profil est éligible
  • Réfléchir avant de souscrire à l’assurance ou assistance incluse dans les cartes premium, souvent redondante avec d’autres produits

Et pour les clients fragiles ? L’offre spécifique reste plafonnée et sécurisée à 12 euros par an, aucune hausse majeure à l’horizon et la tranquillité de bénéficier de frais d’incident contenus.

En bref, surveiller attentivement sa grille tarifaire, connaître ses usages et challenger son banquier sont les piliers d’une gestion sereine face à la nouvelle donne tarifaire.

L’automne 2025 s’annonce donc aussi studieux que le retour des feuilles mortes, et peut-être l’occasion, pour beaucoup, de repenser la relation à leur banque. Si la barre des 50 euros n’est pas franchie partout, elle s’installe durablement dans le paysage tarifaire. Finalement, la meilleure parade aux hausses consiste à s’informer et à ne pas voir la fidélité bancaire comme une fatalité. La facture grimpe, certes, mais avec un bon coup d’œil critique, il reste possible de garder le contrôle… et d’éviter que la note ne fasse tomber à la renverse lors du prochain relevé.