Par
Margot Nicodème
Publié le
13 oct. 2025 à 13h10
Le plan manigancé par deux amis de la métropole lilloise n’est pas sans rappeler les films d’action les plus cultes. Ils ont ciblé une banque à Roubaix (Nord), qui venait de fermer définitivement, mais dans laquelle ils espéraient trouver des objets à voler ou, mieux encore, des billets laissés sur place. Ils sont parvenus à pénétrer dans les locaux, la nuit du 11 août 2025, et se sont mêmes aventurés dans le faux plafond. Muni d’une caméra endoscopique, il a cherché à voir ce qui se trouvait dans la salle du distributeur de billets automatique… avant que l’alarme ne retentisse, et n’ameute la BRI, la police anti-gang. Récit.
« J’étais un peu en panique quand j’ai vu que c’était la BRI, je ne savais pas que c’était aussi grave »
Au tribunal correctionnel de Lille, le 6 octobre dernier, un prévenu comparaît libre, Nabil*, 33 ans, quand son complice, Sylvain*, âgé de 37 ans, a été lui placé en détention provisoire après les faits. C’est ce dernier qui a eu l’idée de pénétrer en pleine nuit dans l’agence de la Banque Populaire, rue de l’Épeule à Roubaix. « J’ai eu une idée bête, je savais que c’était un bâtiment en travaux », reconnaît Sylvain. Les lieux étaient inoccupés depuis mars 2025.
Pour autant, les deux trentenaires avaient espoir d’y trouver un butin, quel qu’il soit. Ils se lancent ainsi dans leur folle entreprise, aux alentours de 3h du matin cette nuit d’août 2025. « C’est moi qui ai ouvert la porte avec un tournevis. Je voulais savoir s’il y avait des choses à voler, du matériel, de l’argent… » Son ami Nabil est à ses côtés. Lui dit au tribunal que « ça s’est fait sur un coup de tête ».
La préméditation ou non de ce cambriolage est au cœur des débats, ce 6 octobre. Les policiers qui les ont arrêtés sont persuadés que les deux comparses avaient pour but de déposer du matériel de surveillance, d’où la caméra endoscopique, « pour récolter des données et préparer un plus gros vol par la suite ». Ce que réfutent les prévenus.
Retour sur la nuit du vol. Une fois à l’intérieur de la banque, Nabil entreprend de « découper une grille qui mène à un faux plafond ». Ils utilisent une échelle qui se trouve sur place, et Sylvain grimpe ainsi dans cet espace très étroit. Il veut accéder jusqu’à la salle où se trouve le distributeur de billets. Depuis le faux plafond, il y a introduit la petite caméra pour voir ce qui s’y passe. C’est là que l’alarme s’enclenche, prévenant une société de sécurité et la police par la même occasion. La vidéosurveillance est consultée : on y voit la tige de la caméra endoscopique apparaître sur l’écran.
Le dispositif est impressionnant, puisque c’est la brigade de recherche et d’intervention (BRI), aussi connue sous le nom de brigade anti-gang, qui intervient. Même Sylvain, alors dissimulé dans le faux plafond, est abasourdi :
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J’étais un peu en panique quand j’ai vu que c’était la BRI. Je ne pensais pas que c’était aussi grave.
La police fait usage de gaz lacrymogène pour les faire sortir du faux plafond
Les policiers pénètrent dans la banque, après avoir vu les traces de pesée sur la porte. Ils ne trouvent d’abord personne, puisque Sylvain et Nabil, qui l’a rejoint, sont dissimulés dans le faux plafond. Mais ils font du bruit : les agents usent alors de gaz lacrymogène pour les faire descendre. Un bout du plafond cède sous leur poids. La Banque populaire leur réclame d’ailleurs plus de 2 500 € pour ces dommages.
Les deux individus sont interpellés. Ils n’ont rien eu le temps de voler, puisqu’ils n’ont pas réussi à avoir accès au distributeur de billets. Le détail de leurs casiers judiciaires est donné : 17 mentions pour Sylvain, principalement pour des vols avec violences et des vols aggravés. Celui de Nabil est moins lourd, avec des condamnations pour vol avec effraction et trafic de stupéfiants.
Sylvain n’avait plus été condamné depuis 2014, il explique avoir perdu pied quand il a été licencié de son travail plus tôt en 2025. Le procureur requiert contre lui 20 mois de prison avec maintien en détention, et 15 mois de prison contre Nabil avec mandat de dépôt à délai différé. Ils sont respectivement condamnés à 12 mois de prison avec maintien en détention, et à 8 mois de prison aménagés à domicile sous surveillance électronique.
*Les prénoms ont été changés
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