«Les hybrides rechargeables sont l’une des pires déceptions de l’histoire automobile ». C’est en ces termes que Transport et environnement résume ce type de véhicules. Cette fédération regroupe des organisations nationales à but non lucratif qui s’intéressent à l’impact des transports sur l’environnement et la santé. « Ils consomment plus que prévu, coûtent cher à leurs propriétaires à l’achat comme à l’usage, et ne permettent pas de décarboner le secteur routier, estime Bastien Gebel, responsable décarbonation de l’industrie automobile. Il est temps d’arrêter de les considérer comme des véhicules à faibles émissions, notamment pour les flottes d’entreprises ».

Dans une étude publiée ce jeudi, l’organisme dresse un bilan édifiant des hybrides, des véhicules qui fonctionnent à la fois avec des moteurs électriques et thermiques. Selon cette étude, la consommation réelle de carburant de ces véhicules conduit leurs conducteurs à payer en moyenne 500 euros de plus par an, par rapport aux promesses des constructeurs. « En analysant les données collectées par l’Agence européenne de l’environnement via les capteurs embarqués de 800.000 véhicules hybrides immatriculés entre 2021 et 2023 », Transport et environnement constate que « les consommations moyennes de ces véhicules sont de 5,9 l./100 km, loin des 1,5 l./100 km prévus par la norme ».

Production de CO2 supérieure à 300 % aux chiffres officielles

Une explication à cette surconsommation de carburant : « les conducteurs d’hybrides rechargeables roulent souvent avec la batterie déchargée, ce qui alourdit la facture à la pompe. » Mais elle n’est pas la seule. « Même conduits en mode « électrique » », les hybrides « consomment une quantité non négligeable de carburant, environ 3 l./100 km en moyenne, et émettent 68 g. de CO2/km, soit plus de huit fois les valeurs » attendues.

Et plus les voitures sont récentes, plus elles émettent de CO2. « Les batteries électriques sont de plus en plus grandes mais faute d’une recharge fréquente, elles ne sont pas plus utilisées par les conducteurs », souligne l’étude.

L’ensemble des constructeurs est concerné, avec une production moyenne d’émissions de CO2 « 300 % supérieures » aux chiffres officiels. Avec un record pour Mercedes-Benz dans cette étude, où il enregistre l’écart le plus important entre les émissions officielles et réelles de ses véhicules hybrides rechargeables : « + 494 % en moyenne ».

Notre dossier sur les véhicules hybrides

Alarmée par ces chiffres, la fédération demande « que la prochaine loi de finances pour 2026 ne permette plus aux grandes flottes de comptabiliser les hybrides rechargeables pour atteindre leur cible de verdissement. »