Par
Margot Nicodème
Publié le
17 oct. 2025 à 6h42
Mathéïs a eu, à des occasions, des étoiles plein les yeux. Ce lycéen de 17 ans, originaire de Lambersart (Nord), a été sélectionné parmi 430 participants pour découvrir les coulisses de l’immense commissariat de Lille. Il a tenté sa chance à un concours lancé par la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN), sur son stand de la Braderie. L’immersion, en compagnie de sa maman, s’est déroulée l’après-midi du 15 octobre. Démonstrations des chiens policiers, rencontre avec des techniciens de la police judiciaire, club de tir… L’expérience, complète, fut surtout « très enrichissante » selon les mots de l’adolescent, qui ne rêve que d’une chose : rejoindre à son tour, un jour, les effectifs de la police.

Mathéïs s’est volontiers prêté aux essayages ! ©Margot Nicodème« Vous allez sur des scènes de crimes ? » : Mathéïs, 17 ans, en immersion au commissariat de Lille
Le rendez-vous était donné à 13h30. C’est à l’arrière du commissariat, au niveau du très étendu parking, que l’on rencontre Mathéïs. Sans surprise, l’environnement l’impressionne : « C’est très grand, on se croirait dans une ville », nous confie-t-il. La pluralité des services hébergés ajoute à ce gigantisme, et le lycéen va avoir la chance d’en découvrir plusieurs, de très près. À commencer par celui qui réceptionne les appels au 17, avant de se rendre à l’extérieur, pour rencontrer les chiens policiers.
Les démonstrations s’enchainent sous les paires d’yeux ébahis – y compris la nôtre. Un policier ultra formé joue le rôle d’ »homme d’attaque » : emmitouflé dans une combinaison à l’épaisseur XXL, il subit les assauts de deux malinois, sous la parfaite maîtrise de leurs référents policiers. Ces chiens là ne sont pas « renifleurs » dans des affaires de stupéfiants, ils sont formés à l’attaque en présence d’individus dangereux sur la voie publique.

Impressionnants démonstrations des chiens ! ©Margot Nicodème
Mathéïs boit les paroles des experts. Les entraînements des chiens doivent être « courts et intenses ». Au nombre de 12, couvrant les zones de Lille et de Roubaix, les chiens mordent la partie haute du corps, soit le buste, le dos, ou les bras. Ils sont en exercice dans la police nationale jusqu’à leurs 8 ans, et sont dans la majorité des cas adoptés par leurs maîtres policiers par la suite. Quand ils ne sont pas en mission, ils se reposent dans un centre qui leur est dédié à Frelinghien, dans la métropole lilloise.
L’adolescent s’essaie à un exercice, celui de se faire mordre le bras bien dissimulé dans une imposante manchette. « Ça a pincé quand même », dit-il tout sourire, rendant ainsi compte de la puissance des mâchoires de ces malinois presque « soldats ».
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Direction ensuite la « salle de signalisation ». C’est là que deux techniciens de la police judiciaire réalisent les prises d’empreintes et d’ADN, quand ils ne sont pas à l’extérieur en train de collecter des indices sur des scènes d’infractions. « Vous allez sur des scènes de crimes ? Avec des combis blanches comme dans Les Experts ? », s’interroge Mathéïs. Pas ces techniciens, qui interviennent « sur des cambriolages, des vols de voitures… », lui répondent-ils. Les relevés sont ensuite envoyés au laboratoire de la police judiciaire, qui se trouvent dans le secteur Vauban.

Un tour par les techniciens de la police judiciaire, avec une prise d’empreintes pour Mathéïs. ©Margot Nicodème
Cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd : pour intégrer la police judiciaire, le concours exige que l’on soit bon en maths et en physique/chimie. Mathéïs, lui, est en Terminale STMG au lycée Jean-Perrin à Lambersart, et la carrière qu’il aimerait embrasser un jour se trouve plutôt du côté de la BRI ou de la BAC.
Découverte des armes au club de tir
Un détour par la brigade départementale motorisée, qui assure ses missions au guidon de massives BMW. Sur leurs deux-roues, ces policiers se chargent des contrôles stupéfiants et alcoolémie, et sont évidemment constamment en contact avec la radio générale, accessible à tous les policiers. Les engins intriguent visiblement Mathéïs, qui prend place sur une moto, sous l’œil vigilant de sa maman, qui ne souhaite pas qu’il roule « ne serait-ce qu’à scooter ».

La brigade départementale motorisée a détaillé ses missions auprès de l’adolescent, très intéressé. ©Margot Nicodème
Dernière étape, et non des moindres : le club de tir. Les policiers sont contraints d’effectuer 3 tirs par an, obligation qui passe à 6 pour les membres de la BAC. Les différentes armes y sont exposées, alors qu’un policier, qui a longtemps exercé comme CRS, fournit de précieuses informations. De l’arme de service « classique », le Sig Sauer, au fusil d’assaut HK G36, arme de guerre ultime, rien n’échappe à Mathéïs.

Le club de tir du commissariat de Lille. Les policiers doivent effectuer trois ou six tirs (pour la BAC) par an. ©Margot Nicodème

Les armes à la disposition des forces de l’ordre, du pistolet « classique » au fusil d’assaut. ©Margot Nicodème
Déjà l’après-midi découverte touche à sa fin, mais le lycéen aura l’occasion, par hasard, d’échanger in extremis avec un policier de la BAC. En tenue civile, il lui résume ses missions, dont beaucoup sont liées au trafic de stupéfiants. Mathéïs repart avec toute la documentation nécessaire sur le recrutement dans la police. Mais avant la BAC, le bac tout court, à la fin de l’année scolaire.
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