Les deux hommes se trouvaient en détention provisoire. Les faits se sont déroulés samedi dans leur cellule. Une enquête est en cours.
Des coups de couteau ont été assénés à la maison d’arrêt de Nantes samedi en fin de journée, faisant une victime. Vers 17h40, au moment de la distribution des repas, une surveillante a été alertée par des appels au secours. Se rendant dans la cellule occupée par trois hommes, elle a découvert «un détenu poignardé au thorax avec un couteau en céramique», indique le syndicat FO Justice.
«La surveillante a prodigué les premiers soins en attendant l’arrivée des secours et la victime a été hospitalisée», précise le syndicat. Selon une source policière, le pronostic vital du jeune homme blessé ne serait plus engagé. Son agresseur, placé en garde à vue, est revenu en prison mais pourrait retourner au commissariat une fois la victime auditionnée. Les deux codétenus impliqués se trouvaient en détention provisoire. Selon Presse Océan, une enquête pour tentative de meurtre a été ouverte.
Des altercations récurrentes
Ces violences ne sont malheureusement pas rares. «Ça arrive couramment», confie William Cozic, délégué Force Ouvrière Justice à la prison de Nantes. Sauf qu’habituellement, «c’est un coup de poing ou des coups de pression. Pour les trafics de drogue, ce sont des coups de poing en promenade. Là, avec des couteaux qui circulent, forcément le résultat n’est pas le même», observe le représentant syndical. D’autant que ce même jour, lors de fouilles aléatoires, «300 grammes de cannabis, 12 grammes de cocaïne, près d’une dizaine de téléphones et ……un couteau en céramique», avaient été retrouvés, précise le communiqué de FO Justice.
Selon les premiers éléments, la discorde pourrait être liée à un problème d’entente entre les deux. «C’est compliqué de trouver des places. Parfois, il y a des mésententes. Généralement, les détenus font un courrier. On cherche à les bouger rapidement, mais pas forcément dans l’heure qui suit», décrypte William Cozic. Ce dernier évoque aussi un taux d’occupation extrêmement élevé de 200% en bâtiment homme, frôlant les records, alors que la situation s’était calmée au cours des derniers mois.