Il était l’un des derniers membres retrouvé du « Gang de Roubaix ». Interpellé en août 2023, après 27 ans de cavale, Seddik Benbahlouli a été condamné ce lundi à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Nord notamment pour tentative de meurtre sur deux policiers en janvier 1996.

Seddik Benbahlouli, 55 ans, jugé depuis le 17 octobre, a également été condamné pour recel de véhicule volé, mais l’action publique concernant l’association de malfaiteurs a été déclarée éteinte.

La cour a suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé vendredi « la même peine » qu’en 2001, lorsqu’il avait été condamné par contumace à vingt ans de prison.

Silence de l’accusé

Lors de sa plaidoirie lundi matin, son avocate, Me Soizic Salomon, avait demandé son acquittement, estimant qu’« au terme de sept jours d’audience », la cour ne pouvait pas avoir « l’intime conviction » que son client avait commis les faits. Selon la défense, Benbahlouli ne faisait pas partie du gang de Roubaix et n’était pas présent sur le lieu de la fusillade.

[2/2] Bruno Sulak : serial braqueur

Crime story raconte chaque semaine les grandes affaires criminelles.

Écouter

Son avocate a aussi soulevé un dossier « unique » en raison de l’ancienneté des faits, de la disparition de preuves, de l’indisponibilité de témoins et de l’altération des souvenirs. Avant que la cour ne se retire pour délibérer, l’accusé a de nouveau affirmé que selon lui ses droits n’avaient pas été respectés, notamment lors de son arrestation aux États-Unis en 2023.

Depuis le début de son procès, il n’est apparu qu’à de rares reprises dans le box, clamant par la voix de son avocate qu’il était innocent. Le silence de l’accusé a empêché la cour de lever les nombreuses zones d’ombre sur son implication dans le groupe criminel.

Grand banditisme et islamisme radical

Le « Gang de Roubaix » a mené durant trois mois en 1996 une série de braquages à l’arme de guerre et une tentative d’attentat dans la région lilloise. Ce groupe « précurseur » selon un enquêteur, mêlait de façon alors inédite grand banditisme et islamisme radical.

Il est notamment accusé d’avoir le 27 janvier 1996 à Croix, ouvert le feu sur des policiers alors qu’il venait récupérer une Audi 90 volée par le groupe. L’un des deux policiers avait été blessé par balle. Les faits « sont anciens » mais, « pour les victimes, ce passé est extrêmement présent », avait affirmé vendredi l’avocat général.

Selon les enquêteurs, son ADN a été retrouvé à proximité du lieu de la fusillade du 27 janvier, lors de laquelle il aurait été blessé.