Par
Julien Sournies
Publié le
28 oct. 2025 à 18h18
Elle demeure source de frustration pour nombre de riverains depuis la nuit des temps à Lyon. Revenue sur son fief du plateau de la Croix-Rousse (4e/1e arrondissement) le 4 octobre dernier, la célèbre Vogue des Marrons, institution vieille de plus de 150 ans dans la capitale des Gaules, peut générer des nuisances sonores, notamment en période de vacances scolaires.
« Comme ce mardi après-midi où il fait beau, les gens sont nombreux à venir. Il faut s’attendre à ce que les enfants se mettent à hurler non-stop. C’est souvent agaçant. Mais bon, que voulez-vous qu’on y fasse ? », souffle une habitante dont l’appartement se situe à proximité directe des stands et manèges. Reportage.
« Ça peut vite être agaçant »
Même son de cloche du côté de Pierre : « Je ne suis pas contre un peu d’animation dans le quartier de temps en temps, mais je pense sincèrement qu’il ne s’agit pas du lieu adapté pour un tel événement. Il y a beaucoup d’habitations à côté et c’est clair que des fois ça peut vite être agaçant pour les gens qui bossent en télétravail comme moi souvent. »

Le manège à sensation forte « Hugh Energy » est l’une des attractions « bruyantes » pointées du doigt par les riverains. (©Julien Sournies / actu Lyon)
Si le manège à sensation forte « Le Speed » a été retiré au profit de la grande-roue et l’amplitude horaire réduite, Nathalie estime que ce n’est pas suffisant. « C’est bien beau, mais il en reste d’autres. Tant qu’il restera encore des manèges de ce genre, le problème tournera en rond », cingle-t-elle.
« Malheureusement, ces personnes ne voient pas tous les efforts que nous faisons »
Malgré les griefs, les forains assurent toutefois faire « beaucoup d’efforts » ces dernières années pour éviter de gêner les habitants. « De toute façon, il y aura toujours des gens qui râleront, on ne peut rien y faire. Malheureusement, ces personnes ne voient pas tous les efforts que nous faisons depuis 2020. Mais surtout, il faut qu’ils sachent que contrairement aux autres fêtes foraines, il n’y a pas de sonorisation et ça, on y tient », témoigne Thierry Boulet, responsable communication de la Vogue des Marrons.
Il n’y a pas de musique. On n’a que les klaxons pour les arrêts d’urgence ou le démarrage des manèges. On n’a que la nuisance des machines. Mais ça, malheureusement, on ne peut rien y faire.
Thierry Boulet
Responsable communication de la Vogue des Marrons.
Ce dernier rappelle par ailleurs que la Vogue des Marrons ne dure plus que six week-ends au lieu de trois mois autrefois. « Les vrais habitants de la Croix-Rousse devraient prendre ça en compte au lieu de taper sur les forains et les manèges », proteste Thierry Boulet.
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Le manège à sensation forte « Le Speed » a été retiré au profit de la grande-roue. (©Julien Sournies / actu Lyon)
« C’est l’une des dernières grosses fêtes foraines de France en centre-ville. Il faut absolument la garder dans l’état. Même si nous sommes conscients que l’on peut gêner les habitants, il faut aussi noter que notre activité profite aux commerçants des alentours qui font plus 50 % en plus sur leur chiffre d’affaires quand nous sommes là », insiste-t-il.
« Il faut trouver un équilibre »
Si un collectif de riverains en colère s’est déjà monté voilà deux ans pour faire bouger les choses, la municipalité estime néanmoins avoir déjà fait le « maximum » pour pallier la problématique de pollution sonore. « Si on veut aller plus loin, il faut ouvrir une nouvelle discussion avec les forains, mais aussi avec les habitants : qu’est-ce qu’on veut comme Vogue ? », indique le maire du 4ᵉ arrondissement, Rémi Zinck, à actu Lyon.
« Certains souhaiteraient une Vogue plus familiale, centrée sur les enfants, avec de petits manèges. Mais ce ne serait plus la Vogue telle qu’on la connaît aujourd’hui. Moi, je tiens à ce que les adolescents aient aussi leur place. On parle souvent des enfants et des seniors, mais les 10-20 ans ont besoin d’espaces pour eux », poursuit l’élu.
Selon lui, il faudrait ainsi « trouver un équilibre : éviter un événement démesuré pour un quartier résidentiel, avec ses écoles et ses habitants, mais ne pas non plus tomber dans une petite fête foraine de village ».
Pour mémoire, l’édition 2025 s’achève le 11 novembre, et d’ici là, Thierry Boulet assure que les forains vont tout mettre en œuvre pour continuer à faire « vivre pleinement le quartier, même s’il y aura encore et toujours des mécontents ».
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