Par
Thomas Bernard
Publié le
28 oct. 2025 à 18h13
Visiteurs, commerçants et riverains, ils sont des milliers à traverser la place Royale, dans le centre-ville de Nantes. À l’instar des fontaines, Marie-Claire Cheval est figée sur sa chaise de camping. Une capuche et un masque couvrent son visage du vent. À ses pieds, une pancarte attire tous les regards. « Je n’ai plus accès à ma maison. Merci de votre soutien », peut-on lire sur l’affiche.
Depuis le vendredi 24 octobre 2025, à 10 h, la Nantaise de 73 ans est en grève de la faim. Propriétaire d’une maison dans le quartier du Breil, la septuagénaire n’a plus accès à son domicile car son locataire, qui ne payerait plus ses loyers, « squatte » le logement. Désemparée, elle espère récupérer son bien. Récit.
« Il a obturé toutes les serrures »
En février dernier, sur recommandation d’une connaissance, Marie-Claire Cheval accepte de louer une chambre de sa maison à une personne. Par document, la propriétaire indique louer la chambre et laisser un accès à la cuisine et des commodités pour un montant de 450 euros par mois (charges comprises).
Le locataire aurait payé les loyers lors des deux premiers mois avant de cesser de verser la somme due à la propriétaire. La septuagénaire avait décidé de « rafraîchir » le logement car celui-ci avait déjà été squatté par le passé. Des entreprises seraient venues faire des travaux, une présence que n’aurait pas appréciée la personne hébergée.
Je terminais un rafraîchissement des murs, enfin les petits travaux. Et ça ne lui (le locataire, N.D.L.R) convenait pas donc il a obturé toutes les serrures de la maison afin que je ne puisse pas continuer la rénovation de la maison.
Marie-Claire Cheval
La propriétaire envoie un commandement de payer via un commissaire de justice (nouvelle appellation des huissiers de justice, N.D.L.R) mais elle n’a pas reçu de réponse. La communication entre le locataire et Marie-Claire est rompue.
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Deux courriers adressés au préfet et au procureur par la Ville
Légalement, l’homme hébergé n’est pas en situation de squat et peut bénéficier de la trêve hivernale, effective à partir du 1er novembre. Un titre d’occupation ayant été édité pour la location, le cas de la maison du Breil relève d’une procédure civile d’expulsion et non de la loi antisquat de 2025, cette dernière n’étant pas concernée par la trêve hivernale.
En entamant cette grève de la faim, Marie-Claire Cheval espère faire bouger les choses avant le 1er novembre. « Je me trouve en plein désarroi », souffle cette bénévole active du quartier du Breil.
Actuellement logée à Saint-Herblain, la septuagénaire confie être en relation avec la Ville de Nantes. Depuis sa grève de la faim, Marie-Claire Cheval a échangé à plusieurs reprises avec Cécile Bir, adjointe à la maire de Nantes, élue du quartier du Breil.
« On l’avait bien orienté vers un conciliateur, vers l’ADIL, un avocat, un huissier, tout ce qui est possible de faire dans ces cas-là en suivant un cadre légal », indique l’élue, contactée par actu Nantes.
À l’initiative de la municipalité, deux courriers, rédigés par Bassem Asseh, premier adjoint à la mairie de Nantes, ont été adressés au procureur et au préfet. « Ce sont deux courriers pour leur demander d’avoir une attention particulière sur ce dossier, mais en fait on (la Ville, N.D.L.R) ne peut pas faire plus », explique Cécile Bir.
Je suis plus inquiète pour sa santé qu’autre chose parce que je ne pense pas qu’une grève de la faim fera avancer le dossier plus vite, ça alerte en effet l’opinion publique, mais je ne suis pas sûre que la justice soit plus rapide parce qu’il y a une grève de la faim.
Cécile Bir
Adjointe à la maire de Nantes
Déterminée à aller jusqu’au bout de sa grève de la faim, Marie-Claire Cheval espère « récupérer la maison ». La Nantaise confie mener ce combat pour elle, mais aussi pour les autres propriétaires qui « vivent le même genre de situation ».
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