Direction prison pour le terroriste assassin du tiktokeur chrétien. Sabri B., 27 ans, a été mis en examen ce mardi soir à Paris pour assassinat et association de malfaiteurs dans le cadre d’une entreprise terroriste. Cet Algérien est soupçonné d’avoir égorgé un chrétien d’Irak en septembre à Lyon (Rhône) sur fond de motivation terroriste qui reste encore à préciser. Il a été écroué dans la soirée à la maison d’arrêt de Meaux (Seine-et-Marne).
Les faits remontent à la soirée du 10 septembre, quand Ashur Sarnaya, âgé de 45 ans, est attaqué au pied de son immeuble alors qu’il se trouvait dans son fauteuil roulant en train de faire un direct de plus de cinq heures sur TikTok. Son assaillant l’a frappé d’un violent et profond coup de couteau au cou, avant de s’enfuir à pied, une scène terrifiante visionnée en direct par les abonnés de Sarnaya qui suivaient son live TikTok. Le réfugié politique, chrétien assyro-chaldéen, qui a succombé à ses blessures, était très présent sur les réseaux sociaux où il postait des vidéos évoquant sa foi.
Durant l’enquête, sa sœur a expliqué être arrivée en France en 2014 après avoir fui l’Irak avec son frère, à la suite de menaces dont il « était victime par des islamistes lui imposant la conversion ou la mort », à une époque où la minorité chrétienne d’Orient était la cible de l’État islamique, mais aussi d’autres groupes radicaux.
Son téléphone a borné sur les lieux du crime
Mais même réfugié en France, Ashur Sarnaya, présenté par ses proches ou voisins comme une personne calme et pacifique, faisait l’objet de menaces en ligne (« Si on te trouve, on te tue »…), vraisemblablement par des extrémistes musulmans, selon ce que les investigations ont permis de montrer. À l’été 2025, un homme lui avait aussi lancé en face-à-face : « Nous t’avons à l’œil ».
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Les enquêteurs ont rapidement identifié le suspect. Selon les autorités, il pourrait avoir entretenu des liens, au moins indirects, avec l’organisation État islamique (EI). Des contacts ont aussi été retrouvés avec la Syrie, et de façon plus habituelle avec l’Algérie, son pays d’origine.
Le téléphone de Sabri B. a borné sur les lieux du crime entre 21h15 et 22h50, avec des déplacements réguliers. Plusieurs témoins avaient, dans le même temps, fait état de mouvements d’un homme suspect, semblant « rôder » avant l’assassinat et qui a quitté les lieux en courant juste après. Ce jeune homme a été arrêté le 2 octobre dans le sud de l’Italie où il avait pris la fuite, chez un compatriote algérien.
Il nie les faits devant le juge
Devant le juge d’instruction, ce chauffeur Uber, qui est entouré d’une famille, a nié les faits et demandé à retrouver son travail dans les plus brefs délais. « On a quand même l’impression qu’il est décalé. Il ne prend pas de traitement pour les troubles psychiatriques, mais il a concédé qu’il fumait régulièrement du cannabis pour s’endormir », explique une source proche de l’affaire. Contacté, son avocat, Me Thibault Bailly, n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire couverte par le secret de l’instruction.
Réagissant après l’interpellation du suspect en Italie, Me David Andic, avocat de la famille d’Ashur Sarnaya et du Conseil de coordination des Assyro-chaldéens de France (CCACF), avait estimé que « ce n’est pas Ashur seul qui a été frappé, mais ce qu’il représentait : la chrétienté d’Orient, meurtrie depuis des siècles ».
« Les massacres que l’on croyait confinés aux minorités d’un Moyen-Orient martyrisé – du génocide (arménien) aux exactions de l’État islamique – ressurgissent aujourd’hui, dans un effroi silencieux, sur le sol français », a-t-il affirmé.
« On ne peut plus continuer à fermer les yeux sur la montée des actes antichrétiens », a commenté Georges Yaramis, président du CCACF.