L’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Bretagne-Normandie dispose de différents sites dans les deux régions administratives qu’elle coiffe (et depuis plus de 75 ans à Quimper). Aujourd’hui encore installé rue de Stang Bihan, l’antenne accueille une douzaine de personnes, chercheurs et techniciens dans environ 400 m² de bâtiment sur trois niveaux.

Président de l’entité Bretagne-Normandie depuis avril 2024, Florent Guhl redit son intérêt à voir maintenues, par principe, des petites unités de ce type. Il dessine plus particulièrement un horizon de l’Inrae dans la capitale de Cornouaille, tandis qu’il était assombri par des mesures générales d’économie au sein de l’institut national, que pourraient opportunément servir ici des départs naturels à la retraite. « Nous avons intérêt à maintenir une activité scientifique et technique de l’Inrae à Quimper. » Le modèle d’une expertise décentralisée.

Expertise en géomatique

90 % des 800 personnes travaillant aujourd’hui pour l’Inrae Bretagne-Normandie sont installées dans les murs du siège régional de l’Institut au Rheu, près de Rennes. Comme à Sizun, Ploudaniel, Roscoff, Caen, Rouen ou au Pin-au-Haras (61), Quimper accueille depuis la fin des années 1940 un centre hébergeant un conservatoire des sols, une sorte de bibliothèque historique.

Outre cette première particularité, Florent Guhl mesure aussi l’intérêt scientifique du site quimpérois par sa capacité à accueillir des thésards et titulaires de doctorat dans les domaines de spécialités développés à Quimper, traditionnellement en lien avec l’eau et l’agrosystème. Une expertise en géomatique émergeant depuis une dizaine d’années continue par ailleurs d’en faire une antenne particulière.

Petite équipe et site d’accueil

Dans un autre registre, Florent Guhl souligne l’intérêt de ce modèle de petite équipe décentralisée, associant chercheurs et techniciens : « Nous avons besoin d’être réactifs et sur le terrain. Nous avons des chercheurs et chercheuses les pieds dans les bottes ».

Nous avons besoin d’être réactifs et sur le terrain. Nous avons des chercheurs et chercheuses les pieds dans les bottes

La capacité d’accueil des bureaux quimpérois permet aussi d’héberger des chercheurs rattachés à Paris, facilitant le transfert au terrain de la science. « Ça nous intéresse d’économiser des allers-retours fréquents d’autant que l’ambiance de travail est bonne à Quimper », ajoute le responsable régional.

Optimisation des locaux et maintien des savoirs

Florent Guhl dit réfléchir en ce sens à l’optimisation de locaux qui sont aujourd’hui propriétés de l’État. « Nous n’avons pas prévu de les libérer », indique-t-il voyant toutefois un point de vigilance en termes d’entretien. Vers l’accueil d’autres acteurs des politiques publiques en matière de recherche ? La transformation des paillasses de laboratoire serait en gestation.

L’Inrae n’a pas prévu de les libérer ses locaux quimpérois

Le responsable régional observe bien à Quimper un vieillissement des équipes de recherche. « Nous réfléchissons à la mise en place d’un tuilage avant le départ des chercheurs expérimentés. Un trou dans la raquette de l’expertise ne me paraît pas concevable. Le sujet pose plus de difficultés avec le personnel technique. »