Par
Fabien Massin
Publié le
30 oct. 2025 à 19h12
Il était sorti de prison depuis peu mais son comportement violent l’a ramené derrière les barreaux rapidement. Mercredi 29 octobre 2025, un homme de 45 ans a été jugé par le tribunal de Rouen (Seine-Maritime) pour des faits de violences conjugales et d’outrages à l’encontre de policiers. Outrage matérialisé notamment… par un pot de fleurs !
Les policiers esquivent un pot de fleurs
Le 11 septembre dernier peu avant 23h, la police est appelée pour intervenir au domicile d’un couple vivant rue Méridienne à Rouen. C’est la fille adolescente qui donne l’alerte. Elle a reçu un SMS de Sophie*, la compagne de son père Erwann, l’informant de nouveaux faits de violences : plusieurs coups portés au visage et sur les jambes Et cette fois-ci c’en est trop, il faut faire appel à la force publique.
Quand les policiers arrivent, l’agresseur manifestement ivre et pour le moins récalcitrant ne veut pas ouvrir la porte. Pire, de la fenêtre de l’appartement, il lance un pot de fleurs en direction des fonctionnaires, qui l’esquivent, et leur délivre au passage un torrent d’insultes. Au final, l’homme violent est interpellé et amené au poste de police.
Erwann a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits de violences, dont des peines de sursis qui n’ont de toute évidence pas été efficaces. En 2024 il avait écopé d’une de six mois d’emprisonnement pour avoir frappé sa compagne, déjà. Et à sa sortie de prison il avait interdiction d’entrer en contact avec elle. Sauf que dès sa sortie il est revenu vivre chez elle, d’un commun accord. Mais les violences reprennent.
« Il m’a défoncé la tête, il m’a trainée par les cheveux »
Dans un SMS que Sophie adresse à sa belle-fille, elle écrit : « Il m’a défoncé la tête, il me fait des menaces de mort, il m’a trainée par les cheveux ». Interrogé, les voisins déclarent avoir également entendu des scènes de violence.
Au tribunal, le prévenu peine à s’exprimer, et tente de se justifier : « Toutes les infractions que j’ai commises étaient en lien avec l’alcool ».
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« Vous avez également un problème avec les femmes, vous êtes violent », lui fait alors remarquer le président du tribunal, qui interroge aussi Sophie : « Pourquoi reprendre un vie commune, alors qu’il était violent et avait interdiction d’entrer en contact avec vous ? »
« Tout n’est pas forcément de sa faute »
« Il allait bien à ses rendez-vous pour lutter contre l’alcool, explique-t-elle. Quand je bois un coup, je ne suis pas forcément mieux, ce jour là, j’étais aussi alcoolisée. Tout n’est pas forcément de sa faute. »
Dans son réquisitoire, l’avocate générale souligne : « Beaucoup de choses ont été tentées, soldées par des échecs. Il n’a que faire des avertissements précédemment donnés par la justice ». En conséquence, elle requiert une peine d’emprisonnement de 12 mois.
« L’alcool est au cœur de la problématique, défend de son côté l’avocate du prévu. L’enjeu, c’est comment faire réfléchir mon client pour qu’il arrive à se faire soigner. La justice peut l’aider, avec une peine aménagée. »
« Je veux m’en sortir en me soignant »
Dans sa dernière déclaration, Erwann a ces mots : « Le plus grand service que ma fille m’a rendu, c’est d’avoir appelé le 17. Le mal que je fais autour de moi, je veux m’en sortir en me soignant ».
Au final, le tribunal l’a condamné à 12 mois de prison avec maintien en détention, auxquels s’ajoute la révocation d’un sursis de deux mois, ainsi que l’interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant deux ans.
*Les prénoms ont été modifiés
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