L’idée d’une force internationale sans encadrement de l’ONU a suscité la controverse, des experts ayant averti le mois dernier qu’elle «remplacerait l’occupation israélienne par une occupation dirigée par les États-Unis».
La Jordanie et l’Allemagne estiment ce samedi 1er novembre que la force internationale qui doit être déployée à Gaza selon le plan d’après-guerre du président américain Donald Trump, devrait être mandatée par l’ONU. Cette «Force de stabilisation internationale» est prévue dans l’accord qui a conduit à un fragile cessez-le-feu le 10 octobre entre Israël et le Hamas palestinien, après deux ans de guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque du 7-Octobre.
Selon les termes de cet accord, elle sera composée d’une coalition en majorité composée de pays arabes et musulmans, et déployée à Gaza pour y superviser la sécurité à mesure que l’armée israélienne s’en retirera. «Nous sommes tous d’accord pour dire que, pour que cette force de stabilisation puisse accomplir efficacement sa mission, elle doit disposer d’un mandat du Conseil de sécurité», a déclaré le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi. Il s’exprimait au côté de son homologue allemand Johann Wadephul à l’occasion d’une conférence à Manama, la capitale de Bahreïn.
Pas de soldats jordaniens à Gaza
Johann Wadephul a également soutenu l’idée d’un mandat de l’ONU pour cette force internationale, qui devra reposer sur «une base légale claire en droit international». «C’est très important pour les pays disposés à envoyer leurs troupes à Gaza, et pour les Palestiniens. L’Allemagne souhaite également un mandat clair pour cette mission», a-t-il déclaré.
Le responsable jordanien a par ailleurs précisé que son pays n’enverrait pas de soldats à Gaza: «nous sommes trop impliqués sur ce sujet et ne pouvons pas déployer de troupes», a-t-il dit, précisant que la Jordanie était toutefois disposée à former la force et à coopérer avec elle.
L’idée d’une force internationale sans encadrement de l’ONU a suscité la controverse, des experts ayant averti le mois dernier qu’elle «remplacerait l’occupation israélienne par une occupation dirigée par les États-Unis, contraire à l’autodétermination palestinienne».
L’ONU a mandaté des forces internationales de maintien de la paix dans la région depuis des décennies, notamment au Liban avec la Finul et ses quelque 10.000 casques bleus faisant tampon entre Israël et le Liban depuis 1978, et dont la fin de mission est programmée à 2027.