Ligue 1 (11e journée). Stade Brestois – Olympique Lyonnais, ce dimanche (20 h 45)
Depuis le début de la saison, l’animation défensive de Brest a souvent concentré les critiques. Sauf que désormais, son pendant offensif apparaît lui aussi en difficulté. Pour preuve, sur les quatre dernières journées, la formation finistérienne est restée muette à trois reprises (Nantes, PSG, Le Havre). Les trois buts inscrits à Lorient, dont un contre son camp et un penalty, ne suffisent pas à renverser ce constat.
Pourtant, avec 14 buts marqués depuis le début de la saison, un de plus que l’an passé au même stade, l’efficacité n’est pas le problème majeur. C’est plutôt la capacité à se créer des opportunités qui fait défaut, avec seulement 17 occasions au compteur (seul Metz fait pire en Ligue 1). Le problème se situe en amont, dans les phases de construction et de transition.
« Il nous faut plus de justesse technique entre la défense et l’attaque, analyse Éric Roy. Mais pour ça, il faut se montrer plus disponible, faire plus de courses vers l’avant, soit pour être servi, soit pour donner des espaces à ses coéquipiers. »
« J’ai besoin d’un milieu beaucoup plus mobile »
L’une des principales explications de cette inefficacité réside dans le manque de maîtrise technique et de créateurs au milieu de terrain. « Trop souvent, on récupère le ballon et on le perd tout de suite », regrette le coach brestois.
L’effectif manque de véritables meneurs de jeu, capables de conserver le ballon et de casser les lignes par un dribble ou une passe. Les joueurs qui devraient assumer ce rôle, à l’image de Romain Del Castillo, discret lors du dernier match au Havre, ou de Kamory Doumbia, peu influent avant son indisponibilité, peinent à prendre le jeu à leur compte.
La composition du milieu de terrain soulève également une question d’équilibre. Les profils des joueurs de l’entrejeu sont majoritairement axés sur la récupération ou dans un rôle de relayeur. « J’ai besoin d’un milieu beaucoup plus mobile, qui ne se marche pas sur les pieds. Mais ce n’est pas facile, car Lucas (Tousart), Hugo (Magnetti) et Joris (Chotard) ont un profil similaire », reconnaît Éric Roy, soulignant la difficulté à trouver la bonne alchimie.
Ajorque esseulé, des retours attendus pour l’épauler
L’autre limite pointée est la surutilisation du jeu long vers Ludovic Ajorque. Si le grand attaquant reste la menace offensive principale, ce ciblage permanent le rend prévisible et facilite le travail des défenses adverses, qui peuvent l’isoler et limiter son impact. Indispensable, Ajorque se retrouve parfois esseulé et son apport offensif s’en trouve diminué.
Malgré ce constat, l’horizon n’est pas totalement sombre. Le retour progressif de joueurs aux profils plus percutants, tels que comme Rémy Labeau-Lascary ou Mama Baldé, pourrait offrir de nouvelles solutions et une plus grande variété dans l’approche offensive brestoise. Ces joueurs pourraient apporter la mobilité et la capacité d’élimination tant recherchées par Éric Roy.
Reste à savoir si ces ajustements suffiront à relancer la machine dès dimanche (20 h 45), lors de la réception de Lyon. Le Stade Brestois doit rapidement retrouver son élan offensif pour ne pas laisser les doutes s’installer durablement.