Par
Thomas Martin
Publié le
2 nov. 2025 à 7h52
La fin d’un long mystère ? Soixante ans après l’enlèvement à Paris, le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp, de Mehdi Ben Barka, un opposant au roi du Maroc, deux journalistes ont mené l’enquête pour recréer heure par heure la disparition et la mort de Mehdi Ben Barka et établir la chaîne de responsabilités. Dans « L’Affaire Ben Barka, la fin des secrets », paru cette semaine chez Grasset, ils affirment que l’affaire Ben Barka est « une triangulation de conflits d’intérêt entre la France, le Maroc et Israël ».
De multiples rebondissements
Pour cette enquête menée durant cinq ans, les journalistes Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, et Ronen Bergman, du New York Times et auteur de plusieurs ouvrages sur les services secrets, ont eu accès à des « archives confidentielles », notamment israéliennes.
Les auteurs mettent à jour les multiples rebondissements de cette affaire qui, reconnaissent-ils, est, « pour les jeunes générations, une lecture interdite par sa complexité ». Car « le nombre d’acteurs – les premiers et les seconds rôles, les figurants restant anonymes – rivalisent aisément avec le nombre de personnages dans ‘Guerre et paix’ », le roman fleuve de Léon Tolstoï.
Le roi du Maroc Hassan II à la manoeuvre ?
Figure de proue du mouvement anticolonialiste, Mehdi Ben Barka, 45 ans, a été enlevé le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris, avant d’être caché et de mourir noyé, la tête plongée dans une baignoire remplie, détaillent-ils dans le livre.
Son corps n’a jamais été retrouvé. Il aurait été enterré dans une forêt de la région parisienne, indiquent les auteurs sur la base de témoignages.
Selon Stephen Smith et Ronen Bergman, cette disparition a été menée sur ordre du roi Hassan II par des agents marocains aidés de truands parisiens, avec le soutien des services secrets israéliens et la bienveillance de hauts responsables français, ce qui a provoqué la colère du président de l’époque, le général de Gaulle.
Un premier procès en 1967 avait déjà permis d’établir que l’enlèvement avait été planifié par les services secrets marocains avec la complicité de policiers et de truands français. Mais l’affaire n’avait pas été totalement élucidée.
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L’enquête, présentée comme la plus ancienne de France, n’est pas close. La juge d’instruction a auditionné en juillet le fils de l’opposant, Bachir Ben Barka, qui a dit espérer de prochaines « avancées ».
AFP
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